Imbolc, 1er février

Le 1er février aura lieu Imbolc. C’est une très ancienne fête celte qui a survécu dans la chrétienté au travers du Candlemas de nos amis outre-atlantique, de la Sainte Brigitte et de la Chandeleur de nos contrées.

Imbolc est une fête de la Déesse ; dans la roue de l’année, à Imbolc, la Déesse est à nouveau disponible après que son enfant, l’enfant-soleil, soit né. A ce stade de l’année, elle est jeune et resplendissante, disponible pour  entamer un peu plus tard un nouveau cycle fertile. La Terre est le corps de la Déesse ; tout comme Elle, la Terre se prépare à ce renouveau après son long sommeil d’hiver.

Ce que nous savons d’Imbolc, nous l’avons en grande partie appris grâce à la matière irlandaise. L’Irlande, christianisée bien plus tard que sur le continent européen, a souvent été une aide précieuse pour comprendre la signification des anciennes fêtes de nos ancêtres ainsi que leur déroulement. Dans bien des cas, il s’agit ici de faire de l’archéologie des traditions 🙂

Imbolc est une fête des lumières ; tous les bricolages autour du thème de la lumière sont intéressants à exploiter.

– on peut fabriquer des bougies en cire d’abeille avec les enfants, notamment des bougies roulées

– on peut leur confectionner une couronne-bougie dans le style de celle utilisée lors de la Ste Lucie. Personnellement, je  les ferais avec des fausses bougies bien que j’ai vu des couronnes avec des vraies, mais j’aurais trop peur que les cheveux prennent feu et mes petites filles sont vraiment trop « fofolles » je trouve pour porter une couronne avec de vraies bougies allumées…

– le lait et le beurre sont des aliments typiques de Imbolc ; à cette fin, vous pouvez d’ailleurs confectionner un délicieux repas de crêpes qui sera certainement bien apprécié !

– Imbolc est aussi une fête de lustration ; le nettoyage de la maison, la paille fraîche pour les animaux, et un bon feu dans la cheminée sont traditionnellement réalisés en vue de célébrer Imbolc. Dans cet esprit de lustration, on pourra aussi décorer la table avec des bougies flottant dans un beau saladier.

– la confection d’un mannequin (gerbe de blé entourée d’un vêtement, le plus souvent d’un manteau) pour perpétuer la tradition du manteau de Brigit. S’ensuivait ensuite tout un cérémonial d’entrée : demande du maître de maison portant et/ou représentant Brigit, réponse favorable des occupants de la maison (le reste de la famille), questions et réponses consistants en formules toutes faites

– la confection de croix qui seront protectrices (contre la tempête) parce qu’elles auront été sanctifiées ou bénies par la présence de Brigit

– la réalisation de Brideo’Gas, petites poupées en paille d’avoine ou de blé (voir ICI, ce lien en portugais mais bien imagé)

– procession avec le mannequin

– repas cérémoniel

– allumage de bougies ; on peut en placer devant chaque fenêtre pour qu’elles brûlent à partir du coucher du soleil, en s’assurant bien sûr qu’il n’y ait aucun risque d’incendie.

– cérémonies du manteau : pièce de vêtement que l’on laissait dehors toute la nuit et que l’on ramassait au matin. Il avait valeur prophylactique

– confection d’une ceinture : corde de paille tressée dans laquelle on faisait passer le bétail et les membres de la famille

– dépôt de vêtements et d’aliments à l’extérieur de la maison

A l’extérieur :

– ballade en famille dans la nature à la recherche des tout premiers signes de la fin de l’hiver et de l’arrivée du printemps.

– faire des plantations avec les enfants.

– cueillir les toutes premières fleurs pour décorer la table

Conte pour Imbolc : L’histoire des petits enfants-racines

Sybille von Olfers

Dans le sol, au plus profond de la terre entre les racines des arbres, les petits enfants-racines dormaient profondément tout l’hiver. Ils ne sentaient rien du vent glacial, de la neige froide ou de la grêle cinglante. Ils dormaient paisiblement dans leurs terriers chaud. Ils rêvaient du soleil dans lequel ils avaient joué tout l’été. Et quels merveilleux rêves c’était !

Quand enfin le dernier hiver pris fin et que le soleil commença à fondre la neige, notre mère la Terre vint avec sa bougie pour les réveiller à nouveau.

« Réveillez-vous, les enfants », appela-t-elle gentiment. « Le temps est venu maintenant de se lever. Vous avez assez dormi. Le printemps arrive et il y a du travail à faire. Je vous ai apporté des ciseaux, des aiguilles et du fil et des morceaux de tissus de sorte que vous pouvez tous vous faire de nouveaux habits. Réveillez-vous ! Dès que vous êtes prêts, je vais déverrouiller et ouvrir les portes de la terre ».

Les enfants bâillèrent et s’étirèrent. Puis ils se levèrent gaiement. Hourra, le printemps arrive !

Mère Terre avait des morceaux de tissus de belle couleur dans son panier. Chacun des enfants-racines choisit sa propre couleur pour se faire une robe. Le perce-neige choisit un chiffon blanc comme la neige, le myosotis un morceau bleu ciel, le bouton d’or du jaune brillant, la marguerite du blanc avec du jaune et un peu de rouge, et le coquelicot un rouge vif.

Puis ils se sont assis en un cercle intime et commencèrent à travailler activement. Ils coupèrent, cousirent et repassèrent jusqu’à ce que tout soit exactement adapté.

Et tandis qu’ils travaillaient, ils chantèrent toutes les chansons de printemps qu’ils savaient.

Dès qu’ils eurent fini de faire leurs nouvelles robes, ils allèrent jusqu’à Mère Terre en une longue procession. Mère Terre regarda par-dessus ses lunettes, surprise de voir les enfants-racines venir si tôt.

« Eh bien, eh bien, vous avez été rapides », dit-elle, « et c’est joli comme tout ! »

Même les petites fourmis qui avaient aidé Mère Terre à enrouler sa laine en pelote vinrent regarder avec curiosité. Ils n’avaient jamais vu de vêtements si splendides.

Mais il y avait encore beaucoup à faire. Les coccinelles, les scarabées, les vers et les bourdons avaient également été dormir sous la terre et devaient maintenant se réveiller. Ils devaient être lavés et brossés, peints en couleur, et on devait les faire briller afin qu’ils paraissent aussi beaux que possible. Qu’est-ce que ce tohu-bohu qui se passait là-bas !

Juste au-dessus du sol, le chaud soleil était déjà en train de faire sortir les nouvelles feuilles vertes sur les arbres. Est-ce que les enfants-racines seraient prêts à temps?

Enfin, c’était vraiment le printemps!

Mère Terre ouvrit la porte. Ensuite, dans le soleil printanier vint le cortège de scarabés, les coccinelles et les enfants-racines.

Dans le bois, les papillons voltigeaient joyeusement autour des fleurs. Le muguet trouva un endroit frais à l’ombre des arbres à côté de violette bleue et là, ils laissent leurs clochettes tinter.

Là, le trop vieux père escargot vint lentement en rampant.

« Ha, vous êtes tous là! Bienvenue à la grande forêt », dit-il aux enfants.

La petite violette le regarda timidement de sa place à l’abri derrière son arbre. Elle n’avait jamais vu une telle créature avant !

L’été vint. Dans le petit ruisseau qui coulait entre les prairies, le nénuphar se laissait transporter sur l’eau comme une princesse.

Les roseaux murmurèrent dans le vent. Le myosotis vint et marcha précautionneusement dans l’eau. Mais les scarabées grommelèrent:

« Il y a trop de monde ici. Allez jouer ailleurs ! »

Dans la prairie fleurie, les enfants-racines s’amusaient bien. Ils dansèrent avec agilité dans la chaleur du soleil. Ils faisaient des pirouettes, youpi, quel plaisir! Si seulement c’était toujours l’été!

Les papillons voletaient au-dessus, et même les scarabées risquaient une danse. Les grillons chantaient, les abeilles bourdonnaient et c’était leur musique.

« Faites attention, petites herbes, ne tombez pas ! »

Mais l’été arriva également à sa fin. Le fort vent d’automne tournait en l’air les feuilles de couleurs vives et tira sur les vêtements des enfants-racines.

 » Hou « , fit le vent, « Il commence à faire froid ici. Il est temps d’aller au lit « .

Alors ils sont tous rentrés de nouveau, en longue procession. Mère Terre se tenait près de la porte et embrassa chaque enfant un par un.

« Venez, les enfants », dit-elle, « et vous aussi, les scarabées et les abeilles. Il fait chaud et confortable ici et j’ai quelque chose pour vous tous pour manger et boire. Après ça, vous devrez tous aller dormir jusqu’à ce que je vous réveille au printemps ».

Et tous les petits enfants-racines allèrent à nouveau sous terre pour commencer leur long sommeil d’hiver.

Traduction Monique avec l’aide de Cecilia, pour l’Ecole des Fées

Comptine pour le Cercle :

La petite plante

Dans le coeur d’une graine enterrée si profondément,

(Commencez accroupis)

Une chère petite plante dormait à poings fermés.

( Faites le geste de dormir en fermant des yeux et posant la tête sur des mains pliées)

« Réveille toi! » a dit le Soleil, « et rampe à la lumière! »

( Restez accroupis, les yeux ouverts, regardez autour de vous étonné)

« Réveille toi, » a dit la voix des gouttes de pluie si brillantes.

( Restez accroupis, mettez la main à l’oreille)

Et la petite plante a entendu et est montée pour voir,

( Dressez-vous lentement, tendez les bras vers le haut)

Ce que pouvait être le merveilleux monde dehors.

(Restez sur la pointe des pieds, tournez sur place)

Traduction Monique pour l’Ecole des Fées

Des liens en anglais sur les créations possibles pour cette fête  :

Un lien vers un article de Carrie du Passageway pour la pédagogie Waldorf Steiner :

Source de l’image : http://www.dewullstuuv.de/shop/Kunst-Postkarten/Sertori-Kopp/Franziska-Sertori-Kopp-Wurzelkinder::1817.html

Pin It on Pinterest

Shares