Notre maison ressemble depuis quelques jours à une habitation dévastée par une catastrophe naturelle… L’arrivée de nouveaux meubles qui devraient non seulement nous permettre de mieux nous organiser, mais également d’embellir un peu notre intérieur, a provoqué un beau chamboulement ! Ces meubles, nous les avons récupérés auprès de très gentilles personnes qui, au lieu de revendre ou de jeter, font le choix de proposer à ceux qui les entourent de donner une deuxième (ou troisième, ou quatrième…) vie à ces objets. Ainsi, viennent d’arriver un beau lit breton du début XXème siècle, ainsi qu’un lit et une armoire des années 1920/1930. Ces meubles, bien que n’étant pas luxueux, sont tellement plus agréables à regarder que les meubles en mélaminé vendus par de nombreuses enseignes, à des prix exorbitants bien que fabriqués en très grande série et dégageant nombre d’émanations toxiques…

Quelle joie dans la petite maison quand le papa a remonté la vieille armoire une fois nettoyée dans la chambre de ses filles ! Quelle joie que cette armoire comporte un grand miroir de princesse !

De mon côté, j’ai pu récupéré l’ancienne armoire des filles pour y ranger proprement tout mon matériel de création. Il en reste encore à ranger, mais la sensation d’avancer, à pas de fourmis certes, mais d’avancer quand même me fait du bien. Elle m’aide à diminuer cette autre sensation nettement moins agréable de faire du sur-place et de me noyer dans mon quotidien. Je suis heureuse de pouvoir faire ces rangements, ces menus embellissements, bien que mon corps, en ce moment, soit souffrant.

La santé chancelante est pour moi une des difficultés les plus importantes que je rencontre ; de ce fait même, elle est une des choses qui contribuent le plus à me faire me remettre en question. Depuis que je vis de gros problèmes de santé, je suis bien obligée d’écouter ma vie intérieure, de me reconnecter avec mes émotions, mes souffrances passées, mes désirs, mes craintes, mes sentiments d’échec, etc… Heureusement qu’il y a ce fabuleux voyage intérieur à la rencontre de moi-même, sinon la vie ne serait qu’une simple succession d’épreuves, alternativement avec quelques joies ; rien de bien folichon à cela… Enfin, je trouve ! La vie est un don précieux, néanmoins, lorsqu’elle est jalonnée d’épreuves, elle peut vite devenir un calvaire.

Tout au long de ma vie, on m’a renvoyé un tort : celui d’être une hypersensible, une écorchée vive… Je l’ai entendu des milliers de fois, avec tous les détails sur l’inadaptation que cette hypersensibilité était supposée engendrer chez moi et tous les conseils qui m’étaient donnés pour être plus « forte », en fait, plus blindée. Plus j’avance au coeur de moi-même, plus je dois réhabiliter ma grande sensibilité et en cela, j’ai des aides précieuses : mes petites filles et leur propre hypersensibilité, l’homme avec qui j’ai choisi de faire ma vie qui est lui aussi un être très sensible qui a été beaucoup blessé, les problèmes de santé auxquels j’ai dû faire face et la précarité. A vrai dire, je me vis toujours comme une extraterrestre ; la seule différence est que je l’assume désormais pour une bonne part et que mon travail intérieur me permet de continuer à me connecter à mon âme.

Gratitude, 17 avril 2011

Ceux qui sont blindés ne me font pas envie ; ils passent à côté de leur être et de ceux qui les entourent. Il y a quelques semaines, j’ai accompagné mes petites filles à un atelier « Jeux de société ». Nos filles sont très sociables et toujours pleines d’intérêts pour ceux qu’elles rencontrent, ouvertes à l’échange, à la découverte. L’une d’elle est très très communicative et adore parler. C’est chez elle, réellement, une manière d’entrer en communication avec la personne en face d’elle et non pas un ennuyeux monologue destiné à auto-célébrer son nombril comme on peut le voir chez nombre d’adulte… Voilà que l’animatrice en question ne trouve rien de mieux à faire que de traiter notre fille de « pipelette » d’un air las… Je bouillonnais intérieurement et heureusement pour la dame qu’elle n’a pas continué sur cette voie car je me préparais à lui dire que lorsqu’on ne s’intéresse pas aux enfants il vaut mieux changer de métier. Cette attitude si répandue dans notre société est tout simplement de la maltraitance, envers soi-même mais aussi envers ceux qui nous entourent et, lorsqu’il s’agit d’enfants, c’est grave. Voilà comment la sensibilité des enfants est sapée au quotidien par des remarques dévalorisantes et culpabilisantes. Jamais vous n’entendrez un enseignant Waldorf Steiner parler ainsi des enfants ou à des enfants. Leur amour des enfants est clair, et manifeste.

Alors, aujourd’hui, malgré mon corps douloureux et lourd, je ressens la grande chance de pouvoir vivre cette expérience fabuleuse d’instruire en famille nos filles grâce à une magnifique pédagogie ; j’ai aussi la chance de partir à ma rencontre grâce à toutes mes difficultés qui ne sont pas des ennemis, mais mes alliées, tout comme nos enfants sont nos précieux alliés.

Belle journée à tous ; profitez bien de vos êtres chers, chérissez vos enfants, dites-leur que vous les aimez et qu’ils sont des trésors. N’ayons pas peur de notre sensibilité !

Gratitude, 17 avril 2011

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