Le Mandala libellule

Pour ce second mandala, le  Mandala libellule, j’ai choisi une histoire permettant de véhiculer un enseignement lié à l’étude de la nature. L’été est une saison très propice à l’observation de la nature ; la douceur du temps octroie de longs moments à flâner dans la prairie et sa vie grouillante, alors autant en profiter !
Comme je n’ai pas trouvé d’histoire qui faisait l’affaire, j’en ai crée une parlant de la libellule, joli insecte que nous voyons très souvent dans notre champs.

Je vous retransmets ici cette histoire.

Lia, d’eau et de prairie

Un jour, au sein d’une jolie mare remplies de plantes aquatiques et de beaux nénuphars, un fin insecte, au corps allongé en forme de bâton, jaune, et aux délicates ailes de dentelle vint pondre ses œufs. Aussitôt sa tâche accomplie, elle déposa un baiser sur chacun des œufs et reprit son envol pour la proche prairie où elle passait la plupart de ses journées.

Commença alors pour les petits larves, une vie aquatique qui allait durer plusieurs années. Parmi elles, se trouvait Lia. Lia était une petite larve pleine de vigueur, et surtout très affamée. Ce qu’elle préférait par-dessus tout c’était les têtards de grenouille et de crapaud ; mais elle ne dédaignait pas les autres larves aquatiques qu’elle pouvait trouver au cours de ses promenades. Lia savait qu’elle devait passer plusieurs années dans l’eau et son plaisir était de se mouvoir dans l’onde fraîche à la découverte des divers habitants de la mare. Elle aimait aussi se reposer sur les feuilles des plantes qui vivaient elles aussi dans ce milieu. Alors, elle rêvait au jour où elle se transformerait et prendrait elle aussi son envol. Quel beau jour cela serait !

En attendant, il lui fallait patienter, mais le temps était à elle. Lia savait qu’elle appartenait à un des groupes d’animaux les plus anciens de la Terre.

Ses ancêtres avaient vécu il y a des milliers d’années au temps où le charbon s’était formé dans la planète nourricière. A cause de la composition de l’air de l’époque [beaucoup de dioxygène], certains insectes atteignaient des tailles géantes. Ainsi, un de ses ancêtres qui avait été retrouvé fossilisé avait mesuré 60 cm de long et 1 m d’envergure ! Lia était très impressionnée par l’évocation de son aïeul géant. Elle se remémorait fièrement que ses aïeuls avaient fait partie des premiers animaux à sortir de l’eau pour vivre sur la terre ferme, en compagnie d’autres insectes comme les blattes, les mantes religieuses et les termites. Alors, que représentaient pour elle quelques petites années passées à barboter délicieusement dans sa chère mare ?

Un jour, Lia se sentit bizarre ; ses pattes étaient lourdes et son dos la démangeait. Elle avait l’impression de ne plus avoir assez de place dans son petit corps de larve. Était-ce le moment tant attendu de sa métamorphose ?

Jour après jour, Lia devenait une nymphe. Une irrépressible envie de s’accrocher à une tige de plante la prit. Après avoir trouvé celle qu’il lui fallait, lentement, elle entama son ascension et une fois installée confortablement, elle se reposa quelques heures. Peu avant le levée du soleil, Lia entama sa métamorphose ; elle allait se transformer en libellule adulte.

Elle était maintenant comme agitée de l’intérieur ; son corps de larve se fendit, elle sortit sa tête et ses pattes, heureuse de recevoir les légers rayons du soleil naissant. Elle resta ainsi quelques temps, juste ce qu’il fallait pour que le soleil sèche et durcisse la partie de son corps de libellule qui était libérée. Quand elle se sentit suffisamment vigoureuse, d’un coup, elle se redressa et sortit le reste de son corps qu’elle déplia doucement. Puis, Lia, toujours très concentrée, envoya toute sa vie dans les petites choses flétries qu’elle portait sur le dos ; alors, ses magnifiques ailes se déployèrent, et le soleil en les séchant les rendit presque transparente, toute de délicate dentelle. Lia devait encore faire certaines choses très importantes : comme donner à ses ailes leur place définitive, car, comme toutes celles de son espèce, ses ailes ne se replieraient jamais et Lia devrait toujours les garder déployées. Elle devait aussi se parer de couleurs qui évolueraient encore au fil des prochains jours, et puis, elles devaient chercher de la nourriture.

Lia s’élança tout droit en direction de la prairie qu’elle sentait tout près. Carnivore, elle avait besoin de capturer de petits insectes, des moustiques ou des mouches par exemple. Bien que sa tête était petite, elle possédait de très grands yeux et sa tête était très mobile ce qui l’avantageait grandement

dans sa chasse. Lia mangeait toujours en vol et elle avait pour habitude, une fois son repas terminé,

de faire sa toilette.

La vie de Lia se déroulait avec joie et elle goûtait toutes les merveilleuses sensations que sa vie au grand air lui procurait. La prairie possédait de multiples fleurs sur lesquelles elles venaient se poser délicatement. De sa vie aquatique, Lia gardait peu de souvenirs tant elle se grisait de voler dans le ciel si doux de l’été.

Un jour, alors qu’elle se balançait au vent, accrochée sur une marguerite, elle remarqua une libellule qui tournait autour de sa fleur. Cette libellule était d’une couleur merveilleuse et regardait Lia avec des yeux très doux. Lia, très émue, su alors dans son cœur qu’elle venait de rencontrer son compagnon de vie. Elle chercha alors un endroit propice où pondre ses chers petits œufs. Il lui fallait trouver un lieu dans l’eau mais jonché de feuilles mortes et de débris végétaux sur lesquels elle pourrait déposer ses œufs qu’elle rangea consciencieusement en ligne droite ou en lignes parallèles. Lia était fière d’elle car elle avait pondu près de 80 œufs ; mesurant même pas deux millimètres, ceux-ci étaient très fragiles.

Comme sa mère avait fait avec elle quelques mois auparavant, Lia donna un baiser à chacun de ses œufs et repartit vers la prairie ondoyantes et odorantes où elle passa encore de très beaux jours. A l’automne, Lia sentit ses forces décliner. Comme le soleil décline inévitablement chaque soir, sa fin s’approchait, elle le sentait, mais elle partait tranquille car elle savait que dans la mare où elle-même était née, sa chère mare, ses œufs dormaient doucement et eux aussi accompliraient le cycle qu’elle avait entamé quelques mois plus tôt.

Vous pouvez utiliser cette histoire, uniquement à des fins personnelles et non commerciales bien entendu, en la téléchargeant ci-dessous :

Bon dimanche !

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