La classe 7 selon la progression Waldorf

Comme tous les ans à peu près à la même époque, la plus grosse partie de mon travail personnel consiste à mettre au point la nouvelle année d’instruction des filles, sauf quand ma santé s’en mêle comme l’an dernier. Je suis donc en pleine préparation de la classe 7 selon la progression Waldorf.

Comme tous les ans, j’ai déjà plus ou moins réfléchi depuis plusieurs mois à ce que comprendra cette nouvelle année d’instruction en m’inspirant de la progression des écoles Steiner ; simplement, en juin, je finalise : sauf imprévus donc, je boucle la plupart de mes progressions, la plupart de mes blocs de travail, le plan de toute l’année bien sûr aussi, les livres que nous lirons ou étudierons, etc.

De même, comme tous les ans, je me livre à une étude comparative entre le programme demandé par l’Éducation Nationale à des enfants de l’âge de mes filles et les matières étudiées dans la progression Waldorf.

Chaque année, j’ai le sentiment de vivre un grand écart entre mes convictions étayées que la pédagogie Waldorf est vraiment formidable, que, les années passants, à part quelques points mineurs sur lesquels je ne rejoins pas totalement celle-ci – et encore cela dépend aussi souvent de la façon dont ces points sont présentés par un pédagogue Waldorf, car une grande liberté d’interprétation est laissée à celui-ci -, grand écart donc, entre ces convictions que la pédagogie Waldorf est merveilleuse pour les enfants, et que ce que propose l’Éducation Nationale ne rejoint pas du tout ma conception de l’éducation qui tient en quelques mots très simples : permettre aux enfants d’être heureux, ce qui, pour moi, passe par le fait de les amener dans la qualité plutôt que dans la quantité…

Cette année, encore plus que les autres, ma lecture du programme de 5ème de l’Éducation Nationale me laisse complètement songeuse. Je n’ai jamais compris sur quoi se basaient les pédagogues de ce ministère pour dire que telle chose devait être ou ne devait pas être au programme pour telle tranche d’âge.

J’ai le sentiment que c’est un assortiment de matières qui répondent à des objectifs peu profonds : on estime que l’enfant, à tel âge doit développer telle compétence ; mais, pour qui ? Pour quoi ? De prime abord, on ne le sait pas, jusqu’à ce qu’une réalité plus crue se fasse jour : les considérations à la base de ces programmes ne sont pas à chercher dans le coeur des enfants.

A aucun moment, je n’ai perçu que les programmes annuels officiels rencontraient mes enfants, là où ils en étaient, touchaient leur coeur, leur permettait de faire face aux défis intérieurs qui étaient les leurs, et les emballaient ; en d’autres termes, à aucun moment, je n’ai constaté que ces programmes permettaient aux enfants de se construire intérieurement. L’intériorité en est la grande absente.

On peut aussi assez facilement percevoir que les programmes de l’EN font en sorte que les enfants correspondent à la demande du marché du travail…

Cette logique qui consiste à préparer les enfants pour les faire correspondre à des besoins extérieurs et non à leur fournir les matériaux dont ils ont besoin intérieurement pour être heureux permet seulement de surcharger les emplois du temps des enfants et de les égarer dans un monde qui n’est pas le leur, ne leur apporte pas de la nourriture intérieure et, par conséquent, ne rencontre pas le coeur des enfants ; on ne les respecte pas dans leurs besoins fondamentaux et leurs étapes de développement intérieur. L’enfance est en danger, car en voie de rétrécissement comme une peau de chagrin…

Dans la pédagogie Waldorf, c’est totalement l’inverse. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai constaté que les matières que nous étudiions comblaient les questionnements que mes filles traversaient et leur apportait de quoi s’alimenter en profondeur.

C’est que les matières enseignées chaque année au sein de la progression Waldorf, ne sont pas introduites au hasard ou par soucis politique de répondre aux attentes des entreprises ou aux craintes de certaines franges de la population…

Non ! Elles sont introduites pour correspondre aux besoins des enfants, à ce qu’ils traversent intérieurement. A chaque étape de sa vie, les matières enseignées fournissent à l’enfant, par exemple, de quoi identifier ce qu’il traverse et de quoi trouver ses solutions, en permettant toujours qu’il puisse s’appuyer sur sa force vitale et sur son potentiel unique. Indéniablement, dans la pédagogie Waldof-Steiner, il y a un écho entre l’intériorité de l’enfant et la matière vue ensemble ; cela ressemble parfois à de la pure magie tellement c’est beau et bon !

Qui plus est, l’apport de l’artistique et du manuel à l’équilibre d’un enfant n’est plus à faire. Les personnes que nous rencontrons sont toujours stupéfaites du nombre de choses que nos filles savent faire de leurs dix doigts, de leur épanouissement et de leur maturité.

Cheval à l'aquarelle Gwendolyne

Aquarelle de Gwendolyne

Alors, chaque année, la magie de cette pédagogie me donne la force de persévérer dans la préparation de leur nouveau programme, d’y puiser de la beauté et de la sagesse afin de continuer à leur donner les outils qui font qu’elles grandissent si bien.

L’an dernier, exceptionnellement je n’avais pas pu préparer très en avant le programme de cette année d’instruction écoulée, car je n’étais vraiment pas en forme au niveau santé. Il en a découlé que j’ai dû préparer les blocs de travail au fur et à mesure durant tous ces derniers mois, et cela a été constamment une course contre la montre et une pression, ce qui explique aussi ma désertion partielle sur le blog !

Léonard de Vinci

En ce moment, entre notre bloc d’histoire du Moyen Âge que nous sommes en train de terminer, un projet en voie de finalisation qui me tient à coeur et dont je vous parlerai un peu plus tard, et notre potager dont nous nous occupons en famille, je travaille sur les blocs d’histoire ; au menu, les grands explorateurs et la Renaissance !

A bientôt !

Photo entête : Svetla Petrova, Fat cat’s art

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