Le jardin de l’Avent est une jolie tradition de l’Avent réalisée dans le mouvement Waldorf-Steiner. Au début, elle a surtout été utilisée dans les milieux de l’éducation curative imprégnés de l’enseignement de Rudolf Steiner, comme le Mouvement Camphill en Grande-Bretagne. L’éducation curative est destinée à accompagner les enfants handicapés et/ou qui ont des besoins particuliers. Puis, cette tradition du Jardin de l’Avent s’est étendue aux écoles Steiner où elle bénéficie à tous les enfants.

Il est courant de réaliser cette cérémonie pour le premier dimanche de l’Avent afin que les enfants et les adultes présents repartent avec la lumière de la foi dans le cœur.

Je vous en propose une explication ci-après. Pour une version très christianisée, vous pouvez lire cet article en anglais dont je me suis en partie inspirée1.

Le jardin de l’Avent

Cette jolie cérémonie peut aussi se réaliser dehors, dans un cadre totalement naturel, selon les conditions météorologiques ; il sera cependant nécessaire de prévoir ce qu’il faut pour que les bougies puissent brûler, ce qui peut être rédhibitoire, par exemple dans les régions venteuses ou pluvieuses !

Il est nécessaire de prévoir une grande salle capable d’accueillir le nombre d’enfants qui seront présents ainsi que les adultes qui les accompagnent ; notez que des bougies seront allumées. Des chaises, des coussins, des poufs, sont disposés tout autour de la pièce pour que chacun puisse s’installer. Les participants sont conviés pour le crépuscule ; l’obscurité doit être installée avant de commencer le festival.

On dispose une petite table au centre, avec dessus une grande et belle bougie. La bougie est allumée et devient bientôt la seule source de lumière. A ses pieds, dans de la mousse ou dans des éléments végétaux naturels, luisent des cristaux.

Depuis le centre, se déroule une spirale de mousse ou de végétaux que vous aurez trouvés en abondance à l’extérieur. L’odeur d’humus se répand dans la pièce. C’est là le Jardin de l’Avent.

A l’entrée de la spirale, ont été déposées de belles pommes rouges parmi les végétaux ; nécessairement une pour chaque enfant et, si possible aussi, on en prévoit une pour les adultes accompagnants, ainsi que quelques unes pour les absents. Dans chacune des pommes, on a planté une fine bougie blanche, pas encore allumée.

La pédagogie Steiner est humaniste et, en ce sens, elle est universelle. Comme vous le verrez dans un article que je publierai dans peu de temps, dans beaucoup d’écoles Steiner, afin de tenir compte des enfants et de leur famille qui proviennent d’horizons culturels et religieux différents, on adapte les festivals dans un sens très universel, susceptible de toucher tout le monde.

C’est le cas pour la spirale de l’Avent. Les pratiquants du monothéisme verront dans ce jardin le jardin d’Éden. Personnellement, j’y vois le jardin de la Déesse. La spirale est un symbole très fort de Celle-ci. En perpétuel mouvement, elle évoque la puissance de l’énergie de vie, le cycle de la Vie, de la Mort et de la Renaissance2.

Une personne se lève et parle :

« C’est l’hiver ; il fait nuit et froid. Chacun peut sentir son coeur se serrer en laissant partir les beaux jours et le chaud soleil de l’été. C’est le règne de l’obscurité qui réveille nos peurs les plus profondes, semblant fragiliser nos existences. Par moment, nous avons le sentiment de marcher sur un sentier escarpé, butant sur quelques pierres et manquant de lumière.

Mais au fond de nous, dans notre cœur rouge comme les pommes, réside une lumière indéfectible, capable d’éclairer notre route et celle de nos compagnons.

La pomme est le fruit de la Déesse, contenant sa sagesse et son amour, l’étoile qui éclaire nos pas dans l’obscurité.

Aujourd’hui, nous allons allumer la bougie de notre coeur à Sa flamme et nous repartirons dans le monde, allégés et éclairés par la sagesse et la foi.

Le monde a besoin que chacun de nous trouve sa lumière à l’intérieur de lui-même et éclaire son chemin pour lui et tous ceux qui l’entourent. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant peut ajouter sa lumière à celle des autres, et nous pouvons créer tous ensemble un monde plus paisible, plus doux et plus respectueux. Nous avons tous cette merveilleuse capacité qui se niche au fond de notre cœur.

Il est temps pour chacun de nous de prendre une pomme et d’entrer dans le jardin de l’Avent pour accomplir sa spirale. Allumez votre bougie au cœur de la spirale de l’Avent et portez-là à l’extérieur ; voyez quelle belle lumière elle deviendra pour vous et tous ceux qui croisent votre chemin ! »

Un chant très doux est entonné, accompagné ou non par un instrument de musique. Les enfants les plus jeunes s’avancent, un par un. Le premier ramasse une pomme et s’engage dans la spirale du jardin. Il progresse vers le centre lumineux ; un adulte, tout près, peut l’encourager.

Il atteint le centre et allume sa petite bougie à celle du centre de la spirale. Sa propre lumière éclaire désormais elle aussi la salle dans la pénombre. L’enfant refait le chemin dans le sens inverse, désormais avec fierté, courage et joie. Sa pomme est déposée sur le côté, au début du chemin, et à nouveau dans la mousse, afin d’éclairer le chemin de l’enfant suivant. Celui-ci ne commence son propre chemin que lorsque l’enfant précédent a complété le sien en toute sécurité.

Lorsque certains enfants essaient d’emprunter des raccourcis, ils doivent revenir en arrière et refaire le chemin depuis le début. On ne peut pas prendre de raccourcis à certains moments de notre vie : nous devons, en conscience, accomplir tout le chemin qui s’offre à nous. Si un enfant ne peut pas marcher, on peut le transporter et ainsi il peut allumer sa bougie au centre de la spirale et sa lumière est aussi forte et fière que toutes les autres.

Les chansons évoluent au cours de la cérémonie. De nombreux chants de Noël de tous les pays peuvent être chantés ; certains sont gais, d’autres mélancoliques, etc. et reflètent toutes les nuances de l’humeur de celui qui marche dans le jardin de l’Avent. Certains enfants sont lents, d’autres très rapides ; certains sont maladroits, d’autres marchent fièrement, etc. tous participent à répandre la lumière.

La pièce est de plus en plus éclairée à mesure que les bougies des pommes rouges sont allumées et déposées dans la mousse. Tous les visages rayonnent ; les regards sont paisibles.

Tout le monde est passé, mais il reste des pommes. Un enfant peut prendre une pomme et faire le chemin pour un ami malade qui n’a pas pu se déplacer et à qui on pourra ensuite apporter la pomme.

Un autre enfant peut se souvenir d’un parent décédé ou d’autres enfants qui nous ont quittés et une lumière est allumée à leurs noms. Alors, la lumière dans la salle est renforcée par les lumières de nombreuses personnes qui ne sont pas présentes physiquement, mais qui sont avec nous par la force de leur bonté et de l’amour qui nous unissait à eux.

Finalement, un dernier chant de Noël est entonné. Chaque enfant prend alors une pomme avec sa bougie allumée et quitte la pièce portant tranquillement sa lumière et la faisant rayonner dans un monde assombri.

Le Jardin de l’Avent est thérapeutique ; il aide les enfants à sentir qu’ils sont porteurs d’une lumière qu’ils peuvent dispenser dans les ténèbres.

Alors la lumière luit dans les ténèbres ; chacun de nous peut en être le porteur et le dispensateur.

2 Marija Gimbutas, « Le langage de la Déesse », Éditions des Femmes, 2005.

jardin de l'Avent

Si vous souhaitez télécharger l’explication du jardin de l’Avent avec son historiette, cliquez ci-dessous :

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

999b629216be43c74f6656e4cecac31cZZZZZZZZZZZZZZZ

Pin It on Pinterest

Shares