Conte cherokee pour le solstice d’hiver

Voici une jolie histoire adaptée d’un conte de la création appartenant à la tradition Cherokee pour célébrer le solstice d’hiver.

Il y a de cela beaucoup de lunes, Père Soleil créa toutes les plantes, les arbres et tous les animaux. Puis il bénit les animaux, de sorte que ceux-ci puissent porter des petits ; quant aux plantes, ils leur offrit la couleur verte, et la possibilité de porter des fruits et des fleurs.

Ainsi la vie se déroula tranquillement pour tous. Mais un jour, quelque chose de terrible se produisit : de grands vents froids descendirent des montagnes du nord et d’immenses nuages gris s’amoncelèrent au-dessus de la terre, cachant la Face Lumineuse du Père.

Tous les animaux et toutes les plantes prirent peur et appelèrent l’Unique :

« Oh Père, ne nous quitte pas ! Père, Père ! »

D’autres suppliaient :
.
« Donne-nous de ta lumière et de ta chaleur ! »,

Mais plus les jours passaient, moins le Grand Soleil descendait bas dans le ciel, et les longues nuits étaient aussi noires que l’aile d’un corbeau, répandant l’effroi et la tristesse parmi les animaux et les plantes.

Ensuite, certaines plantes commencèrent à se dessécher, et le gel couvrit l’herbe des prés d’un manteau scintillant. Le ciel semblait toujours chargé et fâché avec tous ces nuages qui faisaient comme un épais rideau.

« Cher Père, nous mourrons sans toi », gémirent les arbres et les plantes. « Reviens ! Reviens ! »

Alors, le Vent du Nord compatis de leur situation et leur souffla : « Il va venir ! Soyez patients ! »

Les nuages reprirent en choeur : « Il va venir ! Regardez, il y a une touche d’or au sommet des montagnes ! Son Visage a tourné dans le ciel ! ».

Les plantes et les arbres étaient pleins de joie de ces bonnes nouvelles.

Alors, désireux de saluer leur cher père, ils décidèrent de rester éveillés toute la nuit et de regarder son retour.

Certaines plantes mirent en avant leurs magnifiques couleurs brillantes pour accueillir le Grand Soleil. Mais après une nuit de veille, elles s’endormirent.

Les cornouillers et les aulnes veillèrent pendant deux nuits, mais bientôt leurs branches devinrent lourdes et, eux aussi, s’endormirent.

Les érables et les peupliers chuchotèrent entre eux : « Nous, nous ne céderons pas au sommeil ». Mais bientôt, ils dormaient comme les autres sous les étoiles étincelantes des froides nuits d’hiver.

Au bout de la troisième nuit et du lever du quatrième jour, beaucoup de petites plantes et quelques arbres tombèrent rapidement endormis. Qui serait capable de rester éveillé si longtemps ?
Lorsque le Grand Soleil vint de son wigwam à l’aube du septième jour, le ciel était clair. Il baissa les yeux sur les forêts et les prairies au-dessous.

Parmi les animaux, seules la panthère et la chouette n’avaient pas dormi. Père Soleil leur fit don de voir dans l’obscurité.

Les seules plantes et arbres encore debout pour l’accueillir étaient le pin, le sapin, l’épicéa, le houx et le laurier.

« Pour votre fidélité et avoir patiemment attendu mon retour, je vous donne le don d’être vert pour toujours », déclara le Grand Soleil aux plantes et arbres qui l’accueillirent. « Toutes les autres plantes perdront leurs feuilles ou dormiront pendant tout l’hiver, mais vous resterez éveillés. Votre couleur sera une promesse de mon retour à tous ceux qui vous verront ; vous rappellerez ainsi aux gens que même dans les temps les plus sombres il reste quelque chose. ».

Et il envoya un flot de lumière sur la terre endormie.

Depuis ce jour, les êtres humains se rappellent à chaque saison sombre qu’ils doivent rester éveillés comme le sapin ou le houx et qu’ils doivent regarder dans l’obscurité avec les yeux vigilants de la panthère ou de la chouette.

Car la grande médecine ne vient jamais à ceux qui ne sont pas vigilants.

Conte cherokee pour le solstice d'hiver

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