Aujourd’hui, je vous présente la merveilleuse histoire de l’arbre qui rêvait d’une fleur. Je crois que c’est l’histoire qui m’a le plus touchée de toutes celles que j’ai traduite pour ce temps de l’Avent. Il y a longtemps que j’ai le livre d’Isabelle Wyatt – en ayant beaucoup entendu parler sur les listes Waldorf anglophones -, mais je n’avais jamais eu le courage d’en lire quelques passages. Cette traduction va me donner envie de l’approfondir un peu plus !

L’histoire de l’arbre qui rêvait d’une fleur

Isabelle Wyatt,

in « The seven-year-old Wonder Book », Floris Book, 1994, pp. 97s.

Il était une fois un archer qui se tenait parmi les étoiles et dont les flèches ne blessaient quiconque, mais apportaient l’amour pour toutes les choses bonnes et belles.

Un jour, il perdit une de ses flèches qui tomba sur terre sur le versant froid et nu d’une montagne où aucune plante n’avait jamais poussée. Et les plumes de la flèche se transformèrent en racines, et la flèche devint un arbre. Cet arbre fut le premier sapin…

L’arbre grandit droit et haut, pointant sa cime vers les étoiles. Il regardait les étoiles et les aimait, parce qu’elles étaient bonnes et belles. Alors, chaque jour, le sapin grandit de plus en plus, car, toujours, il avait envie de les atteindre.

Les pierres de ce lieu désolé s’étaient réjouies quand le vert sapin vint vivre parmi elles ; mais quand elles virent le sujet de leur aspiration toujours tournés vers les étoiles, elles craignirent qu’il parte loin d’elles.

Alors, les pierres s’écrièrent :

« Ne nous oublie pas, cher sapin. C’est ton droit d’aimer les étoiles, mais aime aussi un peu la terre ».

Et le sapin écouta, et regarda en bas ; il fut désolé pour les pierres emprisonnées dans le sol, et il envoya ses racines loin en-dessous pour les embrasser. Puis, il commença a aimer les pierres et un peu le sol, aussi bien que le ciel et les étoiles.

Alors les petites créatures qui vivaient sur ce froid et nu versant de la montagne, et qui se languissaient d’une couverture et d’un abri, parlèrent aussi au sapin :

« Cher sapin, ne nous oublie pas non plus. Nous sommes heureux que ta tête s’élève vers les étoiles ; mais ne veux-tu pas baisser un petit peu tes bras vers la terre pour nous fournir une couverture et un abri ? »

Et le sapin écouta, et regarda en bas; et il fut si désolé pour les petites créatures du versant de la montagne ; de fait, il laissa ses branches pendre jusqu’à ce que les plus basses brossent le sol de leurs doigts étirés. Et les petites créatures du versant de la montagne rampèrent sous le sapin, reconnaissantes, et trouvèrent là un abri contre les tempêtes, et de la chaleur lorsque les nuits étaient froides.

Et maintenant, avec son tronc droit et ses branches tombantes, et son sommet pointu s’élevant vers les étoiles, le sapin commença à montrer dans sa véritable forme qu’elle était une flèche qui s’était transformée en arbre.

Elle poussa pour aimer la terre, de plus en plus, et pour prendre de plus en plus de sol dans sa sève, jusqu’à ce qu’elle fut présentement enveloppée d’écorce, et son bois grandit pour avoir de moins en moins la douceur d’une plante et de plus en plus la dureté d’une pierre.

Et maintenant, là où il avait laisser tomber ses feuilles en forme d’aiguilles sur la terre, le sol parsemé devenait graduellement plus riche, de sorte que des mousses, et de petites plantes rampantes, mais aussi de plus grande plantes, commencent à vêtir le versant nu de la montagne. Et des plantes d’eau commencèrent à pousser dans les petites mares que la pluie laissait entre les rochers. Et parmi celles-ci, il y eut un plant de lys, qui se prit d’amour et s’étonna du sapin ; elle l’écoutait avec délice et se languissait lorsque le sapin parlait des étoiles aux pierres et aux petites créatures nichant sous ses rameaux.

Pour eux, c’était comme un merveilleux conte de fée ; car pour les pierres emprisonnées dans le sol, ne pouvaient voir le ciel ; et les animaux, allant sur leur quatre pattes, ne pouvaient lever haut leur tête pour regarder les étoiles au-dessus. Et les mousses et les pierres et toutes les petites créatures, ainsi que le plant de lys, soupiraient :

« Oh, si seulement une étoile pouvait descendre et vivre parmi nous ! »

Tout de suite, le sapin se demanda souvent comment il pouvait faire, car il avait envie, lui aussi, que les pierres et les mousses et les petites créatures du versant de la montagne soient en mesure de partager sa joie à l’égard de la bonté et de la beauté des étoiles. Et une nuit, il eut un rêve.

Dans ce rêve, il prononça à voix haute un enchantement qui appelait intensément une étoile pour venir sur terre. Et une étoile vint, décrivant une courbe comme une étincelle tombant du ciel, et entra dans sa sève. Alors, à ce moment, depuis l’écorce de l’une de ses branches, l’étoile perça et déplia un bourgeon ; celui-ci s’ouvrit en une exquise, délicate, fleur colorée aux tendres pétales. Et cette fleur était la plus belle chose qui était née sur la terre.

Car tout cela est arrivé il y a longtemps, très longtemps, quand la terre était encore très jeune et qu’il n’y avait jamais eu de fleurs ; alors le rêve de fleur du sapin fut le premier rêve de fleurs.

Le lys, regardant avec amour et étonnement vers le sapin, vit les magnifiques images du rêve du sapin peintes dans l’air autour de lui.

Quand le sapin se réveilla, il se rappela son rêve ; et il se rappela aussi l’enchantement magique qu’il avait prononcé à voix haute dans son rêve. Et il se dit à lui-même :

« Est-ce le moyen de rapporter une étoile pour réjouir la terre ? Puis-je rendre mon rêve réel ? »

Alors, maintenant, il prononça à voix haute le sortilège magique de son rêve, appelant fortement une étoile à venir sur terre. Et le lys, regardant vers lui avec amour et étonnement, l’entendit dire le sortilège magique.

Comme dans son rêve, une étoile vint, décrivant des courbes comme une étincelle tombant du ciel, et entra dans la sève du sapin. Comme dans son rêve encore, depuis l’écorce de l’une de ses branches, l’étoile fit une brèche, déployant un bourgeon. Le sapin trembla de joie ; et le lys, regardant avec amour et étonnement le sapin, trembla de joie avec lui.

Mais ce qui arriva ensuite fut différent du rêve. Car la force et la fermeté du bois du sapin entra dans le bourgeon, de sorte qu’il devint du bois, lui aussi. Il était posé sur la branche, comme une pierre et avec la couleur d’une pierre ; et quand il s’ouvrit, il n’avait pas les pétales d’une délicate couleur comme l’exquise fleur du rêve, mais il avait des écailles épaisses et dures. Ce n’était pas une réelle fleur ; c’était une pomme de pin !

Avec détresse, le sapin poussa des cris :

« Je ne pourrais jamais rendre mon rêve réel ! Il y a trop de terre dans ma sève ».

Et il fut si désolé de son échec qu’il pleura. Mais à travers ses pleurs, il entendit une douce voix, venant d’en-dessous et lui disant des mots pour le réconforter. Quand il regarda en bas, il vit le lys qui avait poussé dans la mare que la pluie avait fait entre les rochers.

Le plant de lys dit :

« Ne pleure pas, cher sapin, car tu as fait une chose nouvelle extraordinaire. Tu as enseigné aux étoiles le moyen de devenir des fleurs ; et avec tes feuilles, moi-même et d’autres tendres plantes peuvent faire advenir ton rêve ».

arbre qui rêvait d'une fleur

Le sapin sécha ses larmes et répondit :

« De tout mon coeur ».

Alors le plant de lys prononça à voix haute le sortilège magique qu’il avait appris du sapin, appelant avec force une étoile pour qu’elle vienne sur terre. Et une étoile vint décrivant des courbes comme une étincelle provenant du ciel, et entra dans la sève du lys.

Comme il n’y avait aucune terre dans la sève du lys puisqu’il vivait les pieds dans l’eau, chacune de ses parties était délicate, douce et tendre. Puis, une tige s’éleva d’entre ses feuilles, élevant l’étoile dans les airs, se déployant en un doux bourgeon. Et le délicat bourgeon s’ouvrit en une délicate fleur colorée avec de tendres pétales, aussi belle que la fleur dans le rêve du sapin. Ce fut la première véritable fleur ; et cette première véritable fleur était un lys. Parce que l’étoile qui était entrée dans la sève du plant de lys était une étoile à six pointes, le lys a six pétales.

Et tout comme le plant de lys, amoureux et étonné, avait appris du sapin, les autres plantes tendres apprirent du plant de lys comment appeler les étoiles dans le ciel et les transformer en fleurs.

Le sapin se réjouit grandement de voir son rêve devenir réalité.

La fleur de lys lui dit alors :

« J’ai entendu une prophétie parmi les étoiles, cher sapin, alors que j’étais encore moi-même une étoile avant que je vienne sur terre. La voici : parce que tu es la première plante à avoir envie d’apporter une étoile sur terre et de donner naissance à une fleur, et parce que tu as envie de faire ce magnifique cadeau aux pierre et aux petites créatures, le temps viendra où chaque année tu seras couvert des pieds à la tête avec des étoiles et des fleurs, des cadeaux et des bougies scintillantes. Et tout comme les petites créatures de la montagne t’aiment, les petits enfants, partout, t’aimeront. Tu sera le plus beau et le plus aimé des arbres dans le monde entier ! »

Et c’est ainsi que la flèche de l’Archer devint l’arbre de Noël.

arbre qui rêvait d'une fleur

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