Autour de la Galette, plusieurs fond traditionnels sont susceptibles d’être exploités ; parmi ceux-ci, la Befana, une figure populaire italienne, bien intéressante, surtout si vos enfants pratiquent l’italien !

La Befana

En Italie, comme dans certaines provinces de France, on trouve la coutume de la « vieille ». En Italie, on appelle « Befana » une sorcière qui symbolise l’année mourante et c’est aussi le nom par lequel on désigne, quinze jours plus tard, la fête de l’Épiphanie.

Derrière la « vieille » qui fait le tour des villages, ondule un cortège de mascarades pittoresques. La vieille porte un masque horrible et brandit une quenouille. Sur la place du village, un brasier pétille…

Arrivée devant le feu, la Befana se dépouille du masque et des loques qui y sont attachées et les jette prestement dans le feu. On voit alors une des jolies filles du village mener une ronde effrénée où chacun chante à tue-tête : « la notta della Befana » (la chanson de la sorcière).

Dans cette chanson, il est dit que la flamme du foyer où se consume la vieille contribue à réchauffer le soleil incertain. De ses cendres naît l’année nouvelle, belle et rose comme une jolie fille.

La figure de la Befana a des origines plus anciennes que l’Épiphanie qui lui a donnée son nom.

Son origine se perd dans les brumes du temps et descend de traditions magiques pré-chrétiennes, avant de fusionner avec des éléments du folklore et des éléments chrétiens ; certains pensent qu’elle provient d’une tradition des peuples celtiques, qui étaient établis à travers la vallée du Pô et les parties des Alpes. D’autres mettent en avant ses traces que l’on trouve déjà dans la Rome antique et font remonter son origine à la déesse Diane, diabolisée par la suite d’où sa métamorphose en vieille sorcière.

Son nom vient directement du mot grec Épiphaneia (manifestation/illumination), dont il est la traduction dialectale : en Toscane, on nomme l’Éphiphanie « Befania » ; les Romains disent « Pasqua Befania » ; en Calabres, elle est appelée « Bifania » ou « Bufania » et les Bolognais « Epifagna »…

Dans la Rome antique, la nouvelle année était fêtée en l’honneur du dieu Giano qui donna son nom au premier mois de l’année « Januarius » et à la déesse Strenia dont dérive le mot étrennes. Soulignons, en effet, au passage que le mot « étrennes », cadeaux de monnaie ou d’objets, remonterait à la plus haute antiquité. Rome et les Latins n’existaient même pas encore que les Sabins, un des premiers peuples civilisés de l’Italie, observaient déjà cet usage. Ils appelaient ces échanges les Strenae et leur attribuaient un pouvoir de porte-bonheur pour l’année à venir. Leur coutume se superposa à celle de la charité. Mais n’est-ce pas le meilleur des porte-bonheur que de faire du bien aux malheureux ?

Ces festivals étaient appelées les Sigillaria. On échangeait des voeux et des cadeaux sous forme de figurines en argile, de bronze ou même d’or et d’argent. Ces statues étaient appelées « sigilla », du latin « sigillum », abréviation de « signum » statue. Les Sigillaria étaient attendus en particulier par les enfants qui recevaient en cadeau leur propre sigilla (généralement en pâtisserie) sous la forme de poupées et d’animaux. Cette tradition des cadeaux et des voeux était si profondément enracinée dans le peuple que même l’Eglise dû la tolérer et l’adapter à son enseignement.

Au Moyen Age, période où les histoires de démons et de magie étaient répandues, une importe considérable est accordée à la période entre Noël et le 6 Janvier, une période de douze nuits où la nuit de l’Épiphanie est aussi appelée la « Douxième Nuit ». C’est une période très sensible dans les coutumes populaires, très liée à l’activité du semis qui venaient  ; elle est donc pleine d’espoirs et d’attentes pour la future récolte, dont dépend la survie de la nouvelle année.

Durant ces douze nuits, les paysans croyaient Diane survolait les champs avec un groupe de femmes afin de rendre la campagne fertile. Dans la Rome antique, Diane était non seulement la déesse de la lune, mais aussi la déesse de la fertilité, et durant le Moyen Âge, en dépit de la christianisation, elle continua d’être e en tant que telle. A l’origine, Diane et ces figures féminines n’avaient absolument pas d’aspect malveillant, mais la christianisation de la société italienne les démonisa. Diane, déesse de la fertilité, devint une déesses infernale qui, avec ses promenades nocturnes à la tête des âmes de nombreuses femmes stimule l’imagination des paysans superstitieux. On pense qu’il y a là une des origines des histoires de sorcières, de leurs vols, et de leur rôle dans le passage de l’ancienne à la nouvelle année.

C’est certainement de là que vient la propagation de la tradition dans toute l’Europe que le temps entre Noël et l’Epiphanie est considéré comme propice aux sorcières. En Allemagne du Nord, Diane devint Frau Holle et, au sud de l’Allemagne, Frau Berchta.

(Sources : https://it.wikipedia.org/wiki/Befana ; http://www.scudit.net/mdbefanaorigini.htm )

La Befana est d’apparence une horrible vieille, répugnante et ridicule en même temps. Elle s’apparente donc à une sorcière telle qu’elle est véhiculée après la christianisation, et en tant que telle est laide, vieille et maigre. Ses cheveux sont blancs, emmêlés, au-dessus d’un visage couvert de suie, car la Befana passe par les cheminées. Ses yeux sont rouges comme de la braise, le nez est grand et crochu ; sa bouche est grande et édentée. Ses habits sont humbles et de couleur noire. Elle porte souvent un grand mouchoir sur sa tête, noué sous le menton, mais on peut la voir aussi parfois avec un chapeau. Ses pieds sont grands. Elle porte des cheveux blancs, ses yeux sont rouges comme des braises, son nez imposant et sa bouche grande.

Sa caractéristique la plus importante est qu’elle se déplace en volant, mais pas n’importe comment ! Elle se déplace sur un balai ! Dans les campagnes italienne, la nuit de l’Épiphanie s’accompagnent de croyances magiques. Cette nuit-là, les animaux peuvent parler.

L’histoire la plus courante à propos de la Befana est christianisée.

L’histoire la plus courante

Un jour, les rois Mages partirent chargés de cadeaux (or, encens et myrrhe) pour l’Enfant Jésus.

Ils traversèrent de nombreux pays guidés par une étoile, et en tout lieu, le peuple se précipita à leur rencontre et se joignit à eux.

Il n’y avait qu’une vieille femme qui, au premier abord, voulu y aller, mais à la dernière minute changea d’avis et refusa de les suivre.

Le lendemain, désolée, elle tenta de rejoindre les Rois, mais ils étaient déjà trop loin.

Ainsi, la vieille femme n’a pas vu l’enfant Jésus.

Depuis lors, dans la nuit du 5 au 6 Janvier, volant sur un balai avec un sac sur son dos, la vieille femme va de maison en maison pour apporter aux enfants des cadeaux qu’elle n’avait pu donner à l’enfant Jésus

La Befana vient la nuit

avec des chaussures cassées.

Avec sa robe de Romaine

Viva Viva La Befana.

***

Poésie de Giovanni Pascoli :

Viene viene la Befana,

vien dai monti a notte fonda.

Come è stanca la circonda

neve, gelo e tramontana.

Viene viene la Befana.

Elle vient, elle vient la Befana,

Elle vient de la montagne pendant la nuit.

Comme elle est fatiguée, l’entourent

la neige, le gel et le vent.

Elle vient, elle vient la Befana.

J’en profite pour vous rappeler quelques ressources, à savoir deux autres histoires que vous trouverez ici :

http://www.chantdesfees.fr/2011/01/06/autour-de-la-galette-des-rois/

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