sourdes et malentendantes

Pédagogie Steiner et personnes sourdes et malentendantes

Mon amie Aline est malentendante ; elle est maman d’une petite fille de 3 ans bientôt qui est entendante. C’est à l’occasion d’une de mes traduction relatives au chant (http://www.chantdesfees.fr/2017/02/06/limportance-de-chanter/) qu’Aline m’a interpellé pour me demander des conseils. Mais je vous en reparlerai plus bas. En attendant, je souhaite d’abord vous faire lire un article que j’ai traduit de l’anglais. L’article parle de la pédagogie Steiner et comment elle peut accueillir et prendre en compte les enfants sourds et malentendantes ; il explique quelle était la perception de Rudolf Steiner, une conception belle et profonde comme vous allez le voir.

L’article est disponible en anglais, à cette adresse. A l’origine, il est paru dans la revue Artemisia des professionnels de santé anthroposophes (je n’ai pas mis de lien car, lors de mes dernières recherches, celui-ci ne fonctionnait pas).

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Signes du génie: Les enfants sourds dans l’école Waldorf

Il y a longtemps et loin dans un pays de brouillard où le soleil se lève et se couche, mais on le voit rarement – un endroit appelé École de médecine – je me souviens d’une classe hebdomadaire à la fin d’une très longue journée de conférences. Cette classe, en rétrospective, était peut-être l’une des classes les moins appréciées, mais des plus intéressantes du programme d’études. La classe s’était concentrée sur l’élément humain de la médecine par le biais de patients partageant leurs biographies médicales avec les étudiants. Je me souviens particulièrement d’une mère qui était venue devant 140 d’entre nous pour partager son expérience avec son enfant né avec le syndrome de Downs. Elle présenta son enfant atteint de Downs comme un « cadeau merveilleux » pour elle-même et sa famille, prétendant que cet enfant leur avait enseigné une « manière différente d’être dans le monde ». Elle dit que, même si on lui donnait l’occasion, elle ne choisirait pas de changer cette expérience. A ce moment-là, j’ai roulé les yeux et me suis dit : « Elle plaisante ? Elle a rationalisé afin de transformer une situation impossible à accepter comme un cadeau ! » J’ai vu ses larmes pendant qu’elle parlait et j’ai pensé que c’était des larmes de douleur. Aujourd’hui, je sais que ce n’était pas des larmes de douleur, mais des larmes de profonde gratitude pour la compréhension d’une vérité profonde – Une gratitude et une vérité que je partage maintenant parce que mon troisième enfant est né sourd, et grâce aussi aux enfants sourds avec lesquels j’ai travaillé depuis. Je me retrouve moi-même les yeux parfois embués de larmes en partageant ma biographie avec d’autres. Je suis sûr qu’ils ne peuvent pas, et peut-être même ne prennent pas soin de, vraiment comprendre que j’essaie de décrire ce « cadeau ». Rudolf Steiner, avec sa perspicacité, l’a décrit admirablement dans la conférence d’ouverture suivante aux étudiants éducateurs (1924) :

« Les seuls motifs possibles que nous puissions avoir pour parler de la normalité ou de l’anormali de la vie de l’âme de l’enfant, ou même de la vie de l’âme de tout être humain, c’est que nous avons à l’esprit quelque chose qui est normal dans le sens d’être moyen. À l’heure actuelle, il n’y a vraiment pas d’autre critère, c’est pourquoi les conclusions auxquelles les gens sont confrontées sont tellement confuses. Quand ils ont ainsi constaté l’existence de « l’anomalie », ils commencent à faire – le ciel sait pourquoi – croyant qu’ils contribuent ainsi à se débarrasser de l’anomalie, tandis que tout le temps ils chassent un fragment de génie. »

Le mot « Sourd » avec une majuscule est utilisé pour désigner un groupe qui se considère comme faisant partie d’une culture Sourde séparée. Ce sont des individus qui s’efforcent d’incarner ce que signifie être sourd plutôt que de s’identifier à une version moins douée ou cassée de l’être humain entendant. Ils essaient de défendre ce « fragment de génie ». Cette identité culturelle découle en partie du développement de véritables langues des signes. Une partie du « génie » que j’expérimente chez les enfants sourds est la capacité de rencontrer d’autres êtres humains à travers cette langue dans un monde commun d’images – un monde qui exige que deux personnes s’arrêtent et se rencontrent véritablement. Les personnes sourdes ne peuvent pas communiquer en passant quand elles marchent ou poursuivent une autre activité. Elles doivent s’arrêter et se concentrer sur l’échange. On ne peut pas faire le dîner tout en continuant une conversation occasionnelle avec un enfant sourd dans l’autre pièce. Au lieu de cela, il faut s’arrêter, libérer ses mains, établir un contact visuel et échanger des images par le biais d’une conversation signée. En outre, les deux parties doivent vouloir participer à la conversation. Un enfant entendant peut couvrir ses oreilles quand il ne veut pas entendre, mais il entend toujours. Un enfant sourd ferme simplement les yeux et la communication se termine. Tout cela signifie que, tout en utilisant des langues des signes, les êtres humains doivent véritablement se « rencontrer » – oserais-je dire au niveau de l’âme ? – afin de communiquer. En ces jours où il est courant de faire au moins trois choses en même temps – parler et marcher et penser à autre chose – cette rencontre intense, focalisée, est vraiment un cadeau. C’est une manière différente d’être au monde, un mode d’être que beaucoup d’entre nous ont presque oublié. Une manière peut-être de relier notre séparation en partageant une image peinte par un langage visuel spatial, qui communique parfois mieux son expérience que les langues parlées.

Au siècle dernier, il existait à Martha’s Vineyard une communauté bilingue langue des signes/anglais en raison d’une forte incidence de surdité parmi ses résidents. Même aujourd’hui, quelques résidents demeurent complètement bilingues. Leurs conversations vont parfois de long en large entre le signe et l’anglais parce que certaines idées sont mieux adaptées à une langue ou à une autre. Steiner décrit dans « Le travail des anges dans le corps astral de l’homme » – « des images qui travaillent sur un principe défini, à savoir, qu’à l’avenir aucun être humain ne sera en mesure de trouver la paix dans la jouissance du bonheur si d’autres à côté de lui sont malheureux. Une impulsion de la fraternité au sens absolu... » Il décrit aussi des images qui « inculquent dans le corps astral leur but que dans les temps futurs chaque être humain verra dans chacun de ses semblables une divinité cachée ». Il y a dans les langues des signes une qualité remarquable qui exige que nous commençions à nous rencontrer de cette manière. Le partage des images nous permet de vivre dans le sens de perception de l’autre de manière plus pleine – peut-être dans cet espace commun qui se trouve entre deux êtres humains. Même au-delà du mode d’échange, la forme linguistique elle-même est plus active. Par exemple, il n’existe pas de forme pour le verbe être en langue des signes américaine. On ne partage pas quelque chose de tronqué comme « Je suis faim » ou « J’ai faim ». Plutôt, la forme est « Je faim ».

Après avoir réalisé que mon enfant était sourd, la recherche d’un environnement éducatif pour cet enfant a commencé. Il est vite devenu évident pour moi que l’éducation Waldorf était alors complètement inaccessible aux enfants sourds et aux familles sourdes. L’éducation mainstream des sourds tend à se concentrer sur la lecture précoce et l’utilisation des médias et des ordinateurs. Pourtant, la pédagogie Waldorf, comme alternative, s’adapte très bien aux enfants sourds à bien des égards. Le théâtre est idéal pour le développement des compétences de communication de l’enfant sourd. Le mouvement et le toucher continuent à développer et à soutenir les autres sens, qui sont souvent très développés pour compenser la surdité. (Ou peut-être n’est-ce pas comme une compensation, mais plutôt cela fait partie du don que l’enfant sourd apporte, le développement élevé des autres sens et la démonstration des possibilités qui existent dans le potentiel humain.) Parce que le langage des signes n’a pas véritablement de forme écrite, la culture des sourds est parallèle à d’autres cultures avec des traditions orales, dans l’importance de la narration, et les grands récits archétypiques utilisés dans le programme Waldorf correspondent naturellement. L’isolement social de nombreux enfants sourds, même dans leur propre famille (90% des enfants sourds sont nés de familles entendantes qui n’ont pas de compétences pour communiquer avec ces enfants) rend l’élan social de la classe Waldorf idéal.

Dans le même temps, l’enfant sourd suscite l’attention de nombreuses questions pour les éducateurs Waldorf et les thérapeutes anthroposophes. Il ne suffit pas de dire que les enfants sourds ne peuvent pas entendre la musique et donc de sauter cette partie du programme d’études. Il faut se demander quelle est l’expérience de l’âme avec la musique et comment cette expérience peut être apportée aux enfants sourds. Oui, les enfants sourds peuvent ressentir des vibrations d’instruments à cordes, mais est-ce vraiment donner la même expérience riche que l’écoute de la musique ? Quelle est l’expérience de l’âme que nous recherchons à travers la musique ? Quels sont les parallèles ? En outre, à notre époque vient la question des implants cochléaires maintenant disponibles pour les enfants sourds. En tant que parent, moi-même, je lutte pour la disponibilité de cette technologie et comment elle pourrait améliorer l’accès de mon enfant au son. Pourtant, lorsque je passe en revue les paroles de Steiner, je me demande ce qu’un enfant sourd perd si nous « réparons » ce génie qu’il exprime. Quel est également l’effet karmique de « guérir » la surdité ? Cela arrête-t-il un processus qu’il développe dans sa propre évolution spirituelle ? Pourquoi tant de personnes sourdes sont-elles si défavorables aux implants cochléaires chez les enfants, allant même jusqu’à le qualifier de « génocide » ? Les enfants sourds que je vois maintenant sont des êtres humains merveilleux, beaux, dans un monde qui ne sait pas comment communiquer avec eux ou accepter leurs différences. Pouvons-nous changer le monde ? Certains jours, il semble que d’une façon minuscule, nous allons changer le monde. D’autres jours, cela semble absolument impossible. Qu’est-ce que l’enfant sourd apporte et comment pouvons-nous mieux le préparer pour son travail ici ? Ces questions me hantent. Que vais-je voir quand je regarderai en arrière dans 50 ans à partir de maintenant ? Alors que l’incidence des implants cochléaires monte en flèche, les enfants non-implantés représenteront-ils quelques êtres humains sourds naturels restés isolés dans un monde de « cures bioniques » ? Est-ce qu’une oreille bionique est comme prendre des antibiotiques pour arrêter une infection ou du Tylenol pour faire descendre une fièvre ? Ou est-ce simplement comme porter des lunettes pour la vision faible ou porter un chapeau pour garder votre tête chauve au chaud ? Ou s’agit-il d’autre chose ?

Mon travail avec la communauté des Sourds m’a amené à m’efforcer de développer une École Waldorf communautaire pour sourds. Actuellement, nous avons un petit programme avec des enfants sourds intégré dans un jardin d’enfants et une crèche Waldorf. Une équipe de professeurs sourds en formation enseigne avec un professeur Waldorf expérimenté et qui signe pour rendre un environnement véritablement bilingue accessible à tous les élèves. Cela a été une expérience merveilleusement chaleureuse et éducative pour tous les participants. Il est intéressant de regarder l’évolution des enfants. Les enfants les plus jeunes (Sourds et entendants) jouent ensemble sans utiliser la langue parlée ou signée et semblent ne remarquer aucune différence. À cet âge, ils n’ont pas besoin de la langue pour communiquer. Ceci progresse en entendant des enfants agitant leurs bras et leurs mains en des gestes inintelligibles auxquels l’enfant Sourd donne son accord par un signe de tête comme ils continuent joyeusement à jouer ensemble. Ou à l’inverse, l’enfant Sourd peut vocaliser d’une façon incohérente avec l’enfant entendant qui peut avec jubilation imiter les bruits et retourner à leur jeu ensemble. Au cours de la dernière année de préscolaire et de la première année du jardin d’enfants, les deux groupes d’enfants apprennent le langage de l’autre, demandent de l’aide avec des signes ou des mots et essaient de les utiliser pour communiquer. Sans jugement, les enfants entendants décrivent les enfants sourds comme « parlant avec leurs mains ». Beaucoup d’enfants entendants ont apporté des signes dans leurs maisons, surtout à table et pour la bénédiction. Même les parents qui ont commencé l’année avec de graves préoccupations ont plus tard demandé des livres pour soutenir le développement de la langue des signes à la maison et ont exprimé leur désir que le programme se poursuive.

Le développement de l’école se poursuit avec l’objectif d’ouvrir une première année à l’automne 2001. Nous continuons également à explorer l’utilisation des thérapies pour l’enfant sourd. L’eurythmie par exemple s’est avérée très excitante pour les enfants sourds qui la comprennent clairement comme une forme de discours visuel. Les enfants avec qui je travaille ont découvert plusieurs nouveaux sons à travers l’eurythmie. Une forme diluée d’eurythmie a été introduite dans certains programmes de sourds oraux pour aider à la prononciation des sons, qui sont difficiles à lire sur les lèvres comme K, G ou S. La chirophonetique est une autre thérapie qui peut s’avérer utile pour les enfants sourds. L’exploration plus approfondie du rôle de la musique et comment cette expérience peut être fournie aux enfants Sourds par la couleur, la lumière, l’eurythmie tonale et le mouvement est toute une zone d’enquête ouverte et désespérément nécessaire. Toute idée, information et expérience que d’autres médecins et thérapeutes sont prêts à partager seraient très appréciées par notre groupe alors que nous continuons d’explorer les moyens de développer ce programme. Nous continuons également à contacter les familles avec des enfants sourds qui sont intéressées par l’éducation Waldorf et de les inviter à explorer notre programme comme une option éducative pour leur enfant. Les professionnels intéressés ayant une expérience combinée dans l’éducation ou les thérapies Waldorf et l’éducation des Sourds ou la communauté des Sourds sont particulièrement nécessaires pour faire avancer cette initiative.

J’espère que nous pourrons tous trouver la place dans nos cœurs pour appuyer cette initiative, car je crois fermement que l’éducation Waldorf est elle-même une thérapie de guérison et donc la meilleure forme d’éducation pour tous les enfants. Je me souviens d’une fable asiatique sur un renard et un héron. Le renard avait invité le héron à un dîner où il avait servi une soupe merveilleuse dans une assiette plate peu profonde. Le héron lutta et lutta, mais ne pouvait pas manger la soupe dans l’assiette avec son long bec. Le renard mangea toute la soupe lui-même et en était tout à fait satisfait. Le héron retourna à sa maison affamé. Peu de temps après, le héron invita le renard à dîner et lui servit une soupe merveilleuse dans un vase profond et étroit. Le renard lutta et lutta, mais ne pu manger la soupe avec son museau épais. Le héron remarqua cela et transféra la soupe du renard dans un bol peu profond. Les deux mangèrent leurs repas avec plaisir, furent bien satisfaits, et sont restés bons amis depuis ce jour.

À l’heure actuelle, les enfants sourds et la communauté des sourds frappent à la porte – les accueillons-nous et nous adaptons-nous ? J’ai besoin de toute votre aide pour ouvrir la porte de l’accessibilité et de l’inclusion. Nous créons ainsi un espace d’amour dans lequel quelque chose de merveilleux peut se développer et dans lequel nous pouvons tous, en tant que frères et sœurs, nous délecter des dons que nos différences apportent – non pas comme des variations sur le thème de la « normalité » mais plutôt comme notre unique « forme de génie ».

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Revenons maintenant à mon amie Aline et à sa préoccupation : « Comment, en tant que personne malentendante peut-elle accompagner son enfant dans le chant ? »

Je n’ai jamais « travaillé » avec des personnes sourdes, bien que ce domaine m’a toujours beaucoup intéressé et que j’ai souvent eu envie d’apprendre la Langue des Signes Française. Alors, je me suis tournée vers une liste de discussion Waldorf anglophone pour y recueillir des témoignages, des conseils. Darla m’a répondu et m’a autorisé à traduire ses paroles et à les publier. J’ai la joie de vous les partager ici :

« J’ai travaillé dans la communauté des Sourds en tant qu’interprète en langage gestuel pendant de nombreuses années et je dirais ceci:

1. Plus important encore, communiquer avec l’amour et la joie ne sonne jamais faux. L’amour est ce que l’enfant recevra des gestes de sa mère. Faites-lui savoir que l’aspect le plus important de l’éducation Waldorf pour la petite enfance est que le parent/enseignant s’efforce d’être pleinement présent et digne d’imitation. Ce que son enfant retiendra, c’est le soin et le désir de sa mère d’être présents avec elle à travers ces chansons, quelles que soient comment elles « sonnent ».

2. Cela dit, une grande partie de la beauté des chansons Waldorf se trouve dans le mouvement et les gestes qui l’accompagnent. Presque toutes les chansons que je fais avec ma classe Parents Enfants ont des gestes qui créent une « image » pour l’enfant. Elle pourrait vouloir essayer d’apprendre certaines d’entre elles aussi.

2. Pour aider sa fille avec les notes, elle pourrait d’abord jouer les chansons sur un carillon pentatonique. Cela pourrait aider sa fille à reprendre l’air et sa fille pourrait facilement apprendre à jouer les chansons pour accompagner sa mère sur le carillon.

(NDT: un carillon comme celui-ci : http://www.mercuriusfrance.fr/musique/225-carillon-pentatonique.html)

4. Elle pourrait aussi utiliser des marionnettes et des soies simples pour enrichir les chansons de sa fille et aider à créer l’humeur ou l’image de la chanson. Tant de chansons Waldorf travaillent à créer une humeur qui pourrait également être obtenue avec des soies colorées saisonnières se déplaçant comme le vent ou soufflant des feuilles ou une petite marionnette de laine faisant des gestes doux. »

La question de « l’image » est d’une d’importance centrale dans la pédagogie Steiner ; toutes les leçons sont conçues autour de l’image à transmettre car l’enfant pense beaucoup en image, et ce, jusqu’à ses 13 ou 14 ans.Comme expliqué dans l’article ci-dessus que je vous ai traduit, l’image est au coeur de la communication des personnes malentendantes et sourdes et la pédagogie Steiner est alors à même de pouvoir être apportées à celles-ci.

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Pour terminer, je laisse la parole à mon amie Aline et à ce qui lui plaît dans la pédagogie Steiner :

Pourquoi la méthode Steiner m’attire-t-elle ?

 

Je suis maman solo, malentendante appareillée, d’une petite fille née qui aura bientôt 3 ans. Depuis de nombreuses années, je m’intéresse aux alternatives. Santé, éducation, allaitement long, grossesse et accouchement, instruction. J’ai eu la chance de côtoyer un groupe internet d’allaitement durant plusieurs années, qui m’a appris beaucoup et m’a permis de mieux orienter ma vie, notamment sur l’IEF, la bienveillance. C’est ainsi que, d’un commun accord avec son papa, nous nous orientons vers l’instruction en famille. Monique, amie depuis plusieurs années, m’a permis de découvrir la pédagogie Steiner. D’abord méfiante vis-à-vis de cette philosophie, par peur des dogmes, j’ai compris qu’il est de la responsabilité de chacun-e d’appliquer une méthode à la lettre ou au contraire avec toute la liberté que l’on souhaite, de piocher ici et là ce qui nous convient. Une autre alternative est fréquemment citée depuis quelques années et celle-ci est devenue totalement commerciale voire dogmatique. Je pense que sa créatrice serait attristée de voir ce que son enseignement est devenu.

Alors, pourquoi Steiner et son approche, plus précisément ?

Tout d’abord, pour son côté nature. J’aime la nature. J’adore la nature. J’ai besoin d’elle, elle contribue à mon bonheur. Et depuis 10 ans, nous possédons un jardin municipal. Celui-ci nous est devenu vital au sens noble du terme : besoin de lui pour se nourrir, gustativement et énergétiquement parlant, mais aussi de l’aider à nous nourrir. Et puis, le plaisir de découvrir ses habitants, de leur parler, aux plantes cultivées. Plaisir à partager avec ma fille cette nature avec ma fille. Etant quasi sourde, je n’entends plus les oiseaux (sauf les corbeaux). Mais je les vois. Voir leur croissance, voir également les débourrements des arbres et des arbustes, expliquer tout cela à ma fille. L’approche Steiner me permet de me reconnecter avec mon moi-enfant, avec le côté manuel des arts (peinture, cueillir, construire à partir de rien dans la nature et avec ses jeux de construction) et de me déconnecter un peu plus avec les écrans, à mes propres sensations et émotions que j’avais déconnectées. De ressentir la Joie, le Bonheur dans des moments si doux et si importants : être ensemble. Steiner, c’est aussi et surtout la bienveillance, le respect. De son enfant, des autres personnes qui nous entourent, de près, de loin. De nous-même. Mon espoir, mes rêves en tant que maman malentendante : une sérénité pour mes enfants, présents ou à venir, un bonheur lié à la Vie, simplement. Que ma fille puisse être heureuse dans son futur, dans ce monde devenu si fou. Et autonome dans le sens avoir un grand esprit critique, pouvoir s’adapter en tout situation et tirer de cette pédagogie une grande force pour aller de l’avant, connaître les plaisirs doux et si présents autour de nous (toucher un arbre, sa mousse, faire un feu et bien d’autres choses encore).

C’est aussi, tout simplement, … la VIE dans l’Amour.

 

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