solstice d'été

Solstice d’été : Le retour du roi soleil

Le retour du roi soleil est un conte crée par Christine Natale et qui peut être mis en scène à l’occasion du solstice d’été.

Le conte se trouve en libre accès sur Internet, mais en anglais. Il vous est ici offert dans une traduction en français que j’ai réalisée avec l’aimable autorisation de son auteure.

solstice d'été

Un jour, il y eut un grande trouble parmi le peuple des fées. Quelque chose était arrivé à la Reine des Fées, Titania. Elle s’était endormie et ne se réveillait pas.

L’hiver était venu, terriblement froid, plein de glace et de neige. Dans le bois des fées, aucun feu ne parvenait à brûler. Les bébés graines étaient cachés en toute sécurité dans leurs lits, sous la couverture de feuilles et de mousses de Mère-Terre. Les gnomes et les nains travaillaient profondément sous terre. Les esprits de l’eau attendaient sous leur toit glacé qui couvrait le lac de cristal et le ruisseau bouillonnant.

La plupart des êtres féeriques, ceux qui prenaient soin des enfants-fleurs dans les prairies et les forêts, errèrent durant tout l’hiver, cherchant chaleur et abri. Ils les cherchèrent dans les foyers des mortels, dans l’espoir de se reposer à côté des feux qui flambaient dans les châteaux et dans les cabanes. Là où des histoires de fées étaient racontées lors de la veillée et là où les bougies de Noël brûlaient, on leur permettait de se reposer un moment.

Cet hiver-là, la Reine des Fées et sa troupe n’en finissaient plus d’errer… La neige était soufflée en de grands nuages tourbillonnants et le Vieux Roi Hiver riait et crépitait. Jack Frost avait de bons moments en leur pinçant le nez et les orteils. Le pire de tout – c’est triste à dire -, est qu’il n’y avait pas assez d’endroits où se reposer pour la troupe des fées. La plupart des châteaux de pierre étaient sombres et déserts depuis tellement longtemps. Les maisons, grandes ou petites, où de vraies histoires de fées étaient encore racontées, étaient peu nombreuses. Et les bougies de Noël ne brûlaient plus que devant quelques fenêtres.

Une nuit très sombre, après le solstice d’hiver, mais bien avant que le printemps ne vienne, la Reine des Fées commença à avoir beaucoup sommeil, comme le font les mortels quand ils commencent à geler. N’étant pas mortelle, elle ne pouvait pas mourir, mais elle ne pouvait pas non plus se réveiller. Toutes les fées essayèrent pourtant de l’aider à s’éveiller. Elles dansèrent et flottèrent autour d’elle ; elles lui chantèrent des chansons aussi fortement qu’elles l’osèrent. Enfin, avec l’aide de deux lièvres des neiges, elles réussirent à ramener la Reine au cercle de pierres qui était leur palais et leur lieu de danse. Sans leur reine, les fées se trouvaient sans direction et sans but. Beaucoup s’endormirent elles aussi et celles qui restaient éveillées étaient tristes et très malheureuses.

La dame de Printemps revint enfin de son palais dans le Sud. Elle chassa le Vieux Roi Hiver qui s’en retourna dans son palais des glaces dans le Nord gelé. La glace fondit et des pluies douces tombèrent. Les bébés semences commencèrent à se réveiller et les premiers enfants-fleurs apparurent. Les fées, pleines d’espoir, se précipitent pour amener la dame du Printemps jusqu’au lit de sa soeur endormie. La dame prit les mains de Titania et souffla sur elle la promesse du printemps. Elle chanta son chant magique de roses et de papillons, d’agneaux et de rossignols naissants. Les joues de Titania devinrent plus vives et elle sembla respirer plus complètement qu’auparavant. Mais hélas ! Ses yeux ne s’ouvraient pas, et elle ne parvenait pas non plus à parler !

L’inquiétude de la dame du Printemps grandit et cela provoqua une énorme tempête de printemps. Alors elle se sécha rapidement les yeux afin de ne pas provoquer de crue. Elle prit congé des gardes de Titania en disant : « Je dois continuer à réveiller tous les bébés graines. Gardez bien votre reine et attendez l’été. »

Les fées promirent de faire de leur mieux, mais en vérité, elles ne parvinrent pas à prendre soin des bébés semences et des enfants-fleurs aussi bien qu’elles l’auraient dû.

De jour en jour, les fées pouvaient voir l’ascension du Roi Soleil sur son cheval ardent. Il était encore loin, juste au-dessus de l’horizon. Peu à peu, il s’approcha et la journée commença à devenir plus longue que la nuit. Enfin, ce fût la veille de l’été et le roi soleil atteignit le sommet du ciel. Il était monté très haut au-dessus du palais de la Reine des Fées. Les fées criaient, l’acclamaient, se promenaient et dansaient, essayant d’attirer l’attention du roi Soleil. Il était trop haut pour les entendre, mais il remarqua bientôt que la Reine des Fées ne l’avait pas salué en cette journée de retrouvailles.

Le Roi Soleil tourna son cheval vers la Terre et vint aussi près qu’il le pouvait sans nuire. Bien sûr, tout se réchauffa énormément et les enfants-fleurs se réfugièrent sous les arbres et les buissons à feuilles larges.

Pourtant, Titania ne se réveilla pas. Ses mains et ses pieds étaient encore glacés, bien que ses cheveux brillaient d’une lumière dorée. Alors le Roi Soleil ôta son manteau de feu et descendit de son cheval céleste. Sans le manteau de feu, il ne brûlerait rien ni personne. Néanmoins, il était presque trop brillant à regarder ! Il vint au chevet de la Reine des Fées et il se pencha pour l’embrasser. Il prit ses mains dans les siennes et les sentit devenir de plus en plus chaudes. Elle ouvrit les yeux et prit une longue respiration. Alors, elle se leva avec tous ses compagnons de sommeil.

Quelle joie cela fut ! Que de cris et de chants ! Chaque fée couru rejoindre son enfant-fleur qui avait été si négligé.

Titania remercia le roi soleil de l’avoir ramenée à la vie. Elle lui dit combien l’hiver était sombre et froid. Elle se demanda également ce qu’il faudrait faire la prochaine fois que la puissance du roi hiver serait plus forte que l’amour et la lumière des humains.

« Ne craignez rien », déclara le Roi Soleil, « Car l’hiver le plus sombre est passé et la puissance de l’hiver sera un jour totalement surmontée. Les êtres humains se souviendront d’allumer leurs feux à nouveau. Les bougies de Noël brûleront vivement dans de nombreuses maisons et, autour des foyers, de vrais histoires de fées seront racontées à nouveau. Moi-même, je proclame ceci depuis le ciel. Car la lumière du monde est née dans les cœurs humains et cela ne peut jamais être éteint. »

Alors le Roi Soleil enfourcha son cheval ailé, mit son manteau de feu et remonta au sommet du ciel. Le peuple des fées lui fit signe de la main avec amour et gratitude.

Cette nuit-là d’été, les fées firent la fête la plus joyeuse jamais connue dans toutes les terres des fées. Et si les lumières ne sont pas éteintes, elles dansent encore.

Christine Natale © 2003 Tous droits réservés

 

Pour télécharger cette traduction, c’est ici :

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