Bloc de septembre : les mesures

Septembre tire à sa fin et notre premier mois de travail s’achève avec lui. C’est une rentrée tout en douceur que nous avons effectuée cette année. Après avoir passé une année à travailler, travailler et travailler, j’ai eu besoin de lever un peu le pied, surtout que les vacances d’été ne m’ont pas suffit pour décompresser.  Je suis plus détendue, plus confiante aussi, et cela se répercute évidemment sur les filles… Elles n’en apprennent pas moins d’ailleurs.

Cela leur fait beaucoup de bien d’avoir une maman plus détendue, moins à cheval sur son propre travail et moins prise par toutes ses préparations. C’est davantage de temps pour jouer avec elles à tout un tas de jeux de société qu’elles affectionnent.

En plus, le temps s’en est mêlé ; le climat était merveilleux jusqu’à il y a quelques jours. Nous avons passé du bon temps sur la plage et profité encore de l’eau.

Nous avons aussi passé beaucoup de temps au jardin et la nature nous a réservé de bien belles surprises, comme cette sauterelle de près de 5 cm de long qui pondait tranquillement devant nous, dans un dôme de taupe.

Nous avons fait plusieurs kilos de confiture, ce qui tombait pile poil avec notre bloc sur les mesures.

Nous avons aussi beaucoup lu et notamment trois merveilleux livres !

Le premier est un adorable petit album, très très poétique, intitulé Le petit jardinier, de Gerda Marie Scheidl, illustré avec charme par Bernadette, aux Editions Nord-Sud. Une histoire très pure qui nous a beaucoup plu.

Le second, que nous avons lu le soir, est Le jardin secret de Frances H. Burnett chez Gallimard Jeunesse. Nous avions adoré l’an dernier lire La petite princesse, du même auteur ; un livre que j’avais eu en cadeau étant petite et que j’avais vraiment aimé.  Lire Le jardin secret a été un grand bonheur. Quel enthousiasme il a suscité chez les petites fées et chez moi ! Ce livre est tout simplement magnifique : il est très bien écrit, si riche en vocabulaire (pas comme bon nombre de livres actuels), avec un style élégant ; il est profond également : tout le cheminement intérieur de la fillette, puis du petit garçon, héros tous deux de ce livre, font échos à la renaissance d’un véritable jardin. L’auteur a su magistralement orchestrer la magie de la vie dans un récit prenant auquel on a pense longtemps après l’avoir lu… Nous avons du même auteur Le petit Lord qui nous attend dans notre pile de livre ; j’ai bien hâte ! La seule critique négative que je peux émettre est au sujet des quelques illustrations dont cette édition est pourvue : elle ne sont pas du tout à la hauteur de la magie de ce livre.  J’ai eu par la suite l’occasion de visionner le film tiré de ce livre ; quelle déception ! Rien à faire, les films sont rarement aussi bons que les livres… L’histoire a été tronquée, les personnalités changées et elles ont perdu de leur profondeur ; les changements intérieurs des enfants ont été transmués en rituels dépourvus de coeur, il manque des personnages principaux comme la mère de la petite servante Martha et de Dickon ; ce film est un bien piètre témoin de ce livre magnifique…

Enfin, le troisième, que j’avais choisi pour notre leçon B était Le petit monde de Charlotte, Editions L’école des Loisirs. Comme nous avons ri des facéties de Wilbur le petit cochon extraordinaire et de sa non moins extraordinaire amie à huit pattes ! C’est là aussi un très joli livre. Bon, nous l’avouons, nous avons aussi tremblé pour Wilbur !

En allemand, nous avons travaillé sur un petit livre de Helme Heine, Der Hase mit den roten Nase, un livre très court qui a l’avantage de mettre l’accent sur le vocabulaire des animaux et des couleurs. Et puis l’histoire est sympathique et se conclue par une petite leçon de vie. Toujours en allemand, nous avons appris en partie la chanson de Mozart In meinem kleinen Apfel.

En anglais, nous nous sommes beaucoup amusées avec une chansonnette traditionnelle, Pease porridge hot, et le « clapping » (désolée pour ce barbarisme, mais je ne sais pas comment on appelle cela en français) qui la rythme. Nous avons travaillé un peu de vocabulaire à l’aide du joli livre de Tasha Tudor « 1 is One ». Lorsque les illustrations sont aussi qualitatives, l’enfant a nettement envie de connaître ce qui est raconté dans cette langue qu’il ne connaît pas et c’est plus de 50 % du travail qui est ainsi fait…

En français, nous avons appris plusieurs chansons du CD Au fil des saisons. Autant j’ai beaucoup de mal avec la voix de l’interprète principale, autant les textes sont vraiment poétiques et les mélodies très intéressantes, notamment du point de vue rythmique.

Enfin, en italien, nous avons appris une petite chanson, en attendant que je puisse investir dans quelque livres.

Finalement, c’est un bon bilan pour ce mois de septembre. Il n’y a que nos travaux manuels qui ont été les parents pauvres de ce mois… Nous avons commencé de jolis petits lapins au tricot ; j’ai terminé le miens, mais mes demoiselles traînent sur le leur !

Le roi Arthur – King Arthur

Cette semaine, nous avons entamé un nouveau bloc de français en prenant pour base l’épopée du roi Arthur. Nous verrons ainsi cette grande figure de la « matière de Bretagne », certains de ses valeureux chevaliers, et quelques dames bien sûr ! Autant d’occasions pour nourrir notre imaginaire tout en voyant du vocabulaire, des jeux avec les mots, de la lecture, etc… Cette semaine a commencé un peu au ralenti étant toujours pas mal ralenti par les cachets et la douleur, mais je sens que ça ira bien mieux la semaine prochaine.

This week we began a new block of French by taking as base the epic of King Arthur. We will see this great figure of the « Matter of Britain », some of his valiant knights, and some ladies of course! So many opportunities to feed our imagination while seeing vocabulary, word games, reading, etc … This week started still pretty slow because of the stamps and pain, but I feel that it will go better next week.

Voici Arthur ôtant Excalibur, la merveilleuse épée des fées, de la pierre où elle était fichée :

Here Arthur removing Excalibur, the sword of the wonderful fairies, of the stone where it was stuck:

Arthur, très fier sur son cheval :

Arthur, very proud on his horse :

Merlin et sa femme Gwendolyne, du temps où il vivait ensemble sans doute !

Merlin and his wife Gwendolyn, when they lived together!

Pour les contes, je me suis largement inspirée du livre « Sur les traces du Roi Arthur », raconté par Claudine Glot, chez Gallimard Jeunesse que j’ai adapté à mes filles. J’apprécie ce livre parce qu’il respecte l’origine celte du mythe et ses grands archétypes permettant ainsi à leur puissance d’agir. Attention, toutefois, le livre n’est pas en tant que tel adapté à des enfants de 7 ans. Mes filles n’ont pas été en contact avec lui, puisque j’ai écris les histoires à partir du livre.

For stories, I was largely inspired by the book « In the footsteps of King Arthur, » narrated by Claudine Glot, Gallimard Jeunesse I adapted to my daughters. I like this book because it respects the Celtic myth and the great archetypes and allowing their power to act. Be careful, however, the book is not as such suitable for children 7 years. My daughters have not been in contact with him since I wrote the stories from the book.

Le mythe du roi Arthur est lié à celui des dragons. Arthur est fils du Pendragon, Uther, dont les ancêtres étaient certainement un dragon. Dans la mythologie celte, le dragon ne revêt pas l’image de bête malfaisante synonyme de toutes nos turpitudes comme cela sera le cas plus tard dans l’imagerie chrétienne. Il est aux antipodes de cela ; peut-être pas encore complètement bienfaisant comme il l’est pour les Asiatiques, mais en tous les cas, il  n’est pas symbole de bas instincts comme les siècles passés l’ont véhiculé. Profondément lié aux forces telluriques, il est souvent à l’origine d’un nouveau monde ; puissant et sage, et souvent même érudit… Qu’avons-nous renié de nous-même en reléguant ainsi le dragon ?

The myth of King Arthur is related to the dragons. Arthur is the son of Pendragon, Uther, whose ancestors were certainly a dragon. In Celtic mythology, the dragon is not of the image of evil beast stands for all our depravity as will be the case later in Christian imagery. It is the opposite of this, perhaps not fully beneficial as it is for Asians, but in any case, it is not a symbol of instincts as the centuries have conveyed. Strongly linked with telluric forces, it is often the cause of a new world, powerful and wise, and often erudite … What have we denied to ourselves in relegating the dragon?

Ce dragon-là, – pardon ! cette dragonne-là ! – a été réalisée au crochet à partir d’un modèle en anglais que vous pouvez trouver en téléchargement libre sur Ravelry.

This dragon-there – it’s a girl one! – was realised with a crochet pattern in English that you can find for free download on Ravelry.

Gwendolyne est ravie de ce nouveau jouet qu’elle réclamait.

Gwendolyne is delighted about this new toy she wanted.

Enora, quant à elle, a reçu le serpent qu’elle souhaitait depuis longtemps. Du serpent au dragon, il n’y a qu’un pas !

Enora, meanwhile, received the snake she had long wanted. Snake vs/ Dragon, there is only one step!

C’est un modèle très facile que j’ai crée et dont je mettrais le tutoriel sur le blog.

It’s a very easy pattern that i have created and will put on the blog :

Je n’ai pas encore réussi à faire une photo qui me satisfasse, mais enfin, en voici une temporaire, pour montrer notre calendrier de l’Avent, fait de chaussettes au crochet :

I have not managed to make a picture that satisfies me, but anyway, here is a temporary, to show our Advent Calendar, crochet socks made​​:

En anglais, nous avons commencé à apprendre cette très jolie chanson, Snowflakes, trouvée ICI.

In english, we had began to learn this very beautiful song, Snowflakes, found here.

Snowflakes

 Oh- Where do you come from you little flakes of snow,

Oh- falling softly falling on the earth below.

On the trees and on the bushes

On the mountains so far

Oh- snowflakes do you come from where the angels are?

En allemand, nous apprenons Schneeflöckchen, Weissröckchen :

In german, we are learning Schneeflöckchen, Weissröckchen:

Schneeflöckchen, Weißröckchen

 1. Schneeflöckchen, Weißröckchen, jetzt kommst du geschneit,

du kommst aus den Wolken, dein Weg ist so weit.

2. Komm, setz dich ans Fenster, du lieblicher Stern,

malst Blumen und Blätter, wir haben dich gern.

3. Schneeflöckchen, du deckst uns die Blümelein zu,

dann schlafen sie sicher, in himmlischer Ruh’.

Anniversaire – Birthday

Grâce à un blog breton d’instruction en famille, j’ai pu découvrir cette vidéo tout à fait intéressante d’un paysan breton qui a gardé les méthodes ancestrales pour les travaux de la ferme. Ce n’est pas très loin de chez nous et il se pourrait bien qu’un jour on aille discuter avec ce monsieur.

Thanks to an Breton homescholing family’ s blog , I discovered this very interesting video (in french) of a Breton peasant who has kept the old methods for farm work. It’s not very far from home and it may well be that one day we go to talk to this gentleman.

6 minutes avec un paysan breton. A l’ancienne – Ma-Tvideo France3
Un authentique retour à la terre. Direction Riec-sur-Belon pour découvrir l’univers de Jean-Bernard Huon, agriculteur. Chez lui, le temps semble comme arrêté. Ni tracteur, ni salle de traite, ni ensileuse. C’est un choix de vie. Avec 15 hectares, une dizaine de vaches et des cochons, il est heureux en semant et labourant à l’ancienne.

Mots-clés : paysan terre riec-sur-belon
Video de f3-bretagne

6 minutes avec un paysan breton. A l’ancienne – Ma-Tvideo France3
Un authentique retour à la terre. Direction Riec-sur-Belon pour découvrir l’univers de Jean-Bernard Huon, agriculteur. Chez lui, le temps semble comme arrêté. Ni tracteur, ni salle de traite, ni ensileuse. C’est un choix de vie. Avec 15 hectares, une dizaine de vaches et des cochons, il est heureux en semant et labourant à l’ancienne.

Mots-clés : paysan terre riec-sur-belon
Video de f3-bretagne

 La semaine a été très affairée entre le potager, les confitures à faire, toujours la maison à ranger (mais ce rangement ne finit donc jamais ?) et notre petite fête pour les 7 ans de nos filles. Je suis particulièrement fière des couronnes que je leur ai crochetées (j’ai pris des notes pour faire un tutoriel que je mettrais en ligne quand je serais moins surchargée de travail) ainsi que des chaussures des poupées. Nous avons passé une très bonne journée et les cadeaux ont beaucoup plu à Enora et Gwendolyne tant les jouets que leurs toutes premières affaires de pratique bouddhistes (chapelets et livre de prières). Le conte leur a bien plu aussi, mais Enora m’a fait remarquer qu’elle aurait préféré que notre nom à nous parents soit aussi spécifié ! C’est une remarque très pertinente !

The week was very busy between the vegetable garden, to jams, still home to store (storage doesn’t end never?) And our little party for 7 years of our girls. I am particularly proud of the crowns that I have crocheted (I took notes for a tutorial  that I would put online when I would be less overworked) and shoes dolls. We had a great day and gifts were very appreciated by Gwendolyne and Enora as the toys than their very first « tools » of Buddhist practice (rosary and prayer book). The tale they liked it too, but Enora pointed out to me she would have preferred our name (of us, parents) were specified! This is a very good point!

En ce dimanche après-midi bien paisible (que j’aime la fin de l’été et la saison qui suit !), je vous offre cette magnifique sérénade de Schubert :

In this Sunday afternoon quiet peacefull (I like the end of summer and the season following!), I offer you this beautiful serenade by Schubert :

Changer de paradigme

Voici une vidéo absolument géniale concernant l’analyse du système scolaire actuel ; les explications sont très vivantes et limpides tant dans le discours analytique que dans les illustrations sous forme de dessins. Vous verrez notamment ce qui est dit à propos de la relégation aux oubliettes des matières artistiques…

 

Une histoire pour Imbolc, par Starhawk

Voici une histoire que j’ai finie de traduire ce soir pour Imbolc :

L’histoire de Brigit
Par Starhawk

La roue tourne, et je vais vous raconter une histoire …

Il était une fois deux enfants, un frère et une soeur nommés Brigit et Alex, qui vivaient dans un pays où l’hiver amenait une neige profonde et beaucoup de froid. Les enfants aimaient à jouer dans la neige, à faire des bonhommes de neige énormes, et creuser des tunnels dans les berges élevées et faire des batailles de boules de neige. Mais chaque année, ils attendaient avec impatience le jour sacré de Brigit, car ils savaient qi’il signifiait que les jours rallongeaient et qu’un jour le printemps reviendrait.

Une année, l’hiver avait été particulièrement sévère. Jour après jour, les nuages remplissaient le ciel et la neige s’entassaient dans les rues. Nuit après nuit, un vent froid soufflait au coin des maisons et soufflait vers le bas la fumée des cheminées.

Brigit et Alex étaient très fatigué de rester à le maison depuis plusieurs jours, l’air était trop froid pour jouer à l’extérieur très longtemps, même quand ils portaient leurs plus chaudes vestes avec un gilets de laine en dessous, des pantalons de neige sur leurs jeans, une paire supplémentaire de chaussettes de laine dans leurs bottes et toutes les écharpes et foulards et moufles qu’ils pouvaient mettre dessus. Quand ils allaient dehors, ils étaient tellement emmitouflés qu’ils ne pouvaient que se dandiner comme des pingouins, et ils étaient très fatigués de faire des bonhommes de neige et des châteaux de neige.

« Combien de temps l’hiver va-t-il encore durer? », demandèrent-ils à leur mère.

« Seule la Déesse le sait», dit leur mère.

« Où pouvons-nous la trouver pour lui demander ? » demanda Brigit.

Leur mère sourit. « A Imbolc, allume une bougie, penche-toi vers la flamme avec un coeur ouvert, et attend. Qui sait, peut-être viendra-t-Elle à toi. Après tout, tu portes son nom!  »

Donc, à Imbolc les deux enfants allumèrent une bougie avec l’aide de leur mère, la mirent sur la table, et examinèrent la flamme en profondeur. Après un certain temps, la flamme sembla grandir et grandir jusqu’à ce qu’elle remplisse toute la chambre d’une glorieuse lumière, et une belle femme est apparue. Ses cheveux étaient brillants comme le feu de la vie, son visage sombre comme du vieux bois, son manteau d’or comme un rayon de soleil.

«Je suis Brigit du Saint Puits et de la flamme sacrée», dit-elle: «Pourquoi m’avez-vous appelé, mes enfants? »

« Oh, Brigit, je porte votre nom », dit la petit fille. « Nous vous avons appelé pour vous poser une question. »

« Combien de temps l’hiver durera-t-il ? », demanda Alex.

«L’hiver va durer jusqu’à ce que l’eau propre émerge du puits sacré et que la flamme vive brûle dans chaque foyer », dit la déesse, puis elle disparut.

« Que veut-elle dire? » se demandèrent les deux enfants. Ils allèrent voir leur mère, mais elle ne pouvait pas leur répondre. Ils demandèrent à leur père, mais il cligna de l’œil et dit:
«C’est l’ennui avec la Déesse – il est difficile d’obtenir une réponse directe de sa part. « Alors, ils allèrent se coucher insatisfaits.

Le lendemain matin, ils se réveillèrent tôt et décidèrent qu’ils iraient de maison en maison dans leur village afin de voir si oui ou non un bon feu de cheminée brûlait dans chaque foyer. Et ils voulaient demander à chacun si ils avaient connaissance d’un puits sacré.

Alors, c’est ce qu’ils firent. Ils s’emmitouflèrent dans leurs vestes chaudes avec leurs gilets de laine et les pantalons de neige en dessous de leurs jeans et une paire de chaussettes de laine dans leur bottes et tous les chapeaux et écharpes et foulards qu’ils pourraient mettre, et sortirent en se dandinant comme des pingouins. Ils firent tout le village en allant de maison en maison. Dans chaque foyer, un bon feu brûlait, et les gens étaient gentils avec eux et leur offraient de bonnes choses à manger et des boissons chaudes à boire, mais personne n’était au courant du puits sacré.

Finalement, ils avaient visité toutes les maisons du village. La seule qui restait était la maison du vieil homme Maddog, qui se trouvait situées dans les champs gelés en bord de forêt. Personne n’aimait le vieil homme Maddog. Il était dur et radin et ne semblait pas se baigner très souvent. Et il était un étranger qui était venu de très loin. Lorsque les enfants venaient près de son chalet, il leur criait dessus et agitait son grand bâton de marche. Et quand toutes les autres personnes dans le village travaillaient dur, le vieux Maddog était simplement assis sous son porche, se basculant dans sa vieille chaise et fumant sa pipe.

« Restez loin de lui ! », disaient les parents à leurs enfants. « C’est un étranger. Il est paresseux et sale et probablement dangereux.  » Et les enfants restaient à l’écart.

Mais maintenant, depuis le bord même du village, Brigit et Alex pouvaient voir le toit de la maison du vieux Maddog. Il n’y avait pas de fumée sortant de sa cheminée.

« La déesse ne pouvait pas avoir signifié que nous étions censés faire un feu dans son foyer », dit Alex, «J’ai peur de lui. »

« Il va probablement nous crier dessus et agiter son bâton», convint Brigit. « Mais cela dit, je pense que nous devrions aller voir s’il a un feu.  »

Ainsi firent-ils, pataugeant dans la neige profonde qui couvrait les champs, si épaisse qu’ils semblaient marcher dans un tunnel aussi haut que leurs têtes. Enfin, ils arrivèrent à la maison du vieil homme Maddog. La porte était fermée, et il n’y avait pas de fumée sortant de la cheminée.

« Peut-être qu’il n’est pas chez lui», dit Brigit. « Peut-être que nous devrions juste partir d’ici.  »

« En premier, regardons par la fenêtre, » suggéra Alex. Ils regardèrent par la vitre et virent le vieux Maddog couché sur son lit. Il n’y avait pas de feu dans son âtre.

« Peut-être qu’il est malade», dit Brigit : «Nous ferions mieux d’entrer et d’aller le voir.  »

La porte n’était pas fermée, de sorte qu’ils entrèrent dans la pièce. Elle était aussi froide que le froid à l’extérieur, et c’était la pièce la plus sale que Brigit n’avait jamais vue. Le vieux Maddog était couché sur son lit, gémissant et grelottant de fièvre.

« Nous devons l’aider », dit Brigitte. Elle lui apporta un verre d’eau, tandis qu’Alex a pris une vieille couverture, la secoua à l’extérieur et ensuite couvrit le vieil homme. Ils coururent dans la forêt et réunirent du bois tombé jusqu’à ce qu’ils aient un gros tas. Puis ils allumèrent un feu sur le foyer, et bientôt toute la salle commença à se réchauffer. Ils trouvèrent des pommes de terre et des carottes, ainsi que des oignons dans un sac et concoctèrent une belle soupe bien chaude. Tandis qu’elle mijotait, ils nettoyèrent la maison et balayèrent le plancher ; ils lavèrent aussi la vaisselle.

Enfin, le vieil homme Maddog eût assez chaud pour s’asseoir et boire de la soupe.

« Casse-pieds d’enfants, dit-il d’une voix bourrue, « Je n’ai jamais aimé des enfants. Pourtant, je suppose que je devrais vous remercier.  »

« Ce serait poli », lui dit Brigit.

« Mais ce que nous voulons vraiment savoir, c’est si vous avez entendu parler d’un puits sacré ici », dit Alex. « Un puits sacré ? », dit le vieux Maddog : « Je ne sais pas ce qu’est votre puits sacré. Le seul puits que je connaisse est ce vieux puits dans les bois, et il est tous pleins d’ordures. »

Brigit et Alex se regardèrent. Des ordures ! Cela n’avait pas l’air très sacré. Mais cependant, c’était  le seul dont on leur avait parlé durant la journée.

« Je suppose que nous ferions mieux d’aller le chercher », dit Alex. « Nous allons mettre un peu  plus de bois avant d’y aller, et quand nous reviendrons à la maison, nous vous enverrons notre mère et notre père pour prendre soin de vous. »

« Ne me faite pas de faveur », déclara le vieux Maddog, mais ils estimèrent tout estimé qu’il ne le pensait pas vraiment.  »

Une fois de plus ils s’emmitouflés dans leurs vestes chaudes avec leurs gilets de laine, leurs pantalons de neige en dessous de leurs jeans, la paire de chaussettes de laine dans leur bottes et tous les chapeaux et écharpes et foulards qu’ils pouvaient mettre, et sortirent en se dandinant comme des pingouins. Ils allèrent dans la forêt profonde en suivant le sentier entre les arbres.

Enfin, ils arrivèrent à une petite clairière. Dans le centre était un cercle de pierres, toutes tombées et éparpillées. Ils regardèrent à l’intérieur et ne virent rien qu’une petite flaque d’eau et de boue glacées, toute étouffée avec des pierre, des feuilles et des ordures.

« Serait-ce le puits sacré ? », demanda Brigit.
« Cela n’y ressemble pas beaucoup, dit Alex, « mais peut-être que si nous nettoyons un peu, nous serons en mesure de voir de l’eau. »

Ils commencèrent à soulever les pierres et tirèrent de grands morceaux de choses s’avérèrent être de vieilles canettes et des bouteilles, et du papiers. Brigit pris un grand bâton pour déblayer les feuilles tombées. Alex ôta ses mitaines et creusa la boue. Et bientôt l’eau claire commença à augmenter dans la boue.

« Nous ne pouvons pas faire beaucoup plus, dit Alex. » « La nuit commence à tomber. Nous aurons à revenir demain, et apporter une pelle. »

« Mais au moins, nous avons commencé », dit Brigit.
« Vous avez bien fait !», dit une voix derrière eux.

Ils se retournèrent et virent la belle femme aux cheveux brillants comme une flamme et au visage aussi sombre que le vieux bois.

« Vous avez commencé le travail – et c’est tout ce que tout le monde peut faire. »
« Est-ce votre puits sacré? » demanda Brigit à la Déesse
« Oui, c’est lui. Il y a longtemps, les gens du village prenaient soin de mon puits, le gardant propre et l’habillant avec des fleurs au printemps. Mais maintenant, ils ont oublié le chemin, comme ils ont oublié la loi de la bonté envers les étrangers. Sans la chaleur de la bonté, comment les journées peuvent-elles se réchauffer ? Et quand mes claires fontaines sont encombrées de saletés, comment la pluie de printemps peut-elle tomber ? »

« Nous allons leur rappeler », promis Brigit. « Nous allons ramener tout le monde ici pour finir de nettoyer le puits. »
« Et nous ferons en sorte de garder un feu chaud dans l’âtre du vieux Maddog », ajouta Alex, « Même s’il n’est pas un homme très gentil. »

La déesse sourit. « Bon. Vous avez allumé mon feu et nettoyé mon puits. Et maintenant je vais vous dire un secret. A l’intérieur du coeur de chaque fille et de chaque garçon est un puits sacré, plein des eaux de l’amour, de la joie et de nouvelles idées. Ce puits, vous devez le garder propre, parce qu’il peut facilement être étouffé par la haine et la cupidité et l’égoïsme. Et à l’intérieur de vous est aussi un feu dont vous devez prendre soin, nourrir et continuer de brûler, de sorte que vous grandissiez comme des êtres forts et sages, et courageux. Ferez-vous cela ? »

« Nous ferons de notre mieux », promirent-ils.
« Et maintenant, le printemps viendra-t-il ?, demanda Brigit.

« Le printemps viendra », promis la Déesse et elle leur fit un clin d’œil. « Le printemps viendra – dès que l’hiver sera terminé. »

Et c’est ce qui se produisit.

Traduction et adaptation Monique

Et pour illustrer en musique, la très belle chanson de Connie Dover, une adaptation par une artiste américaine de notre traditionnelle « A la claire fontaine »…

Petites poupées de laine

J’étais en train de visiter un blog que je ne connaissais pas, lorsque je suis tombée sur cette vidéo. Ces poupées en laine se faisaient traditionnellement lorsque le plastique n’avait pas encore envahi nos maisons. J’en ai eu plusieurs étant toute petite, je les adorais et les appelais – allez savoir pourquoi ? – des « Dadas ». Ma mère n’avait pas intérêt à les oublier sinon c’était la catastrophe ! Je me souviens d’une anecdote que ma mère m’a souvent racontée; je devais avoir dans les 18 mois et nous devions aller au mariage d’une cousine. Pour cette occasion, ma mère m’avait confectionné un Dada tout beau tout blanc tout neuf… oui, mais voilà, il n’avait pas la merveilleuse odeur de mon Dada coutumier ! Il paraît que je me suis mise à bruyamment manifester en pleine cérémonie à l’église et qu’elle a dû sortir de son sac mon vieux Dada (mal)odorant !

Bref, ces petites poupées en laine sont faciles à réaliser et occuperont sans problème les petites mains. Je crois que nous pourrions en faire des mobiles assez sympas ! Allez, je prévois cette activité !