Préparation de la classe 7 selon la progression Waldorf

par | Juin 20, 2016 | Classe 7, Pédagogie Waldorf-Steiner | 9 commentaires

La classe 7 selon la progression Waldorf

Comme tous les ans à peu près à la même époque, la plus grosse partie de mon travail personnel consiste à mettre au point la nouvelle année d’instruction des filles, sauf quand ma santé s’en mêle comme l’an dernier. Je suis donc en pleine préparation de la classe 7 selon la progression Waldorf.

Comme tous les ans, j’ai déjà plus ou moins réfléchi depuis plusieurs mois à ce que comprendra cette nouvelle année d’instruction en m’inspirant de la progression des écoles Steiner ; simplement, en juin, je finalise : sauf imprévus donc, je boucle la plupart de mes progressions, la plupart de mes blocs de travail, le plan de toute l’année bien sûr aussi, les livres que nous lirons ou étudierons, etc.

De même, comme tous les ans, je me livre à une étude comparative entre le programme demandé par l’Éducation Nationale à des enfants de l’âge de mes filles et les matières étudiées dans la progression Waldorf.

Chaque année, j’ai le sentiment de vivre un grand écart entre mes convictions étayées que la pédagogie Waldorf est vraiment formidable, que, les années passants, à part quelques points mineurs sur lesquels je ne rejoins pas totalement celle-ci – et encore cela dépend aussi souvent de la façon dont ces points sont présentés par un pédagogue Waldorf, car une grande liberté d’interprétation est laissée à celui-ci -, grand écart donc, entre ces convictions que la pédagogie Waldorf est merveilleuse pour les enfants, et que ce que propose l’Éducation Nationale ne rejoint pas du tout ma conception de l’éducation qui tient en quelques mots très simples : permettre aux enfants d’être heureux, ce qui, pour moi, passe par le fait de les amener dans la qualité plutôt que dans la quantité…

Cette année, encore plus que les autres, ma lecture du programme de 5ème de l’Éducation Nationale me laisse complètement songeuse. Je n’ai jamais compris sur quoi se basaient les pédagogues de ce ministère pour dire que telle chose devait être ou ne devait pas être au programme pour telle tranche d’âge.

J’ai le sentiment que c’est un assortiment de matières qui répondent à des objectifs peu profonds : on estime que l’enfant, à tel âge doit développer telle compétence ; mais, pour qui ? Pour quoi ? De prime abord, on ne le sait pas, jusqu’à ce qu’une réalité plus crue se fasse jour : les considérations à la base de ces programmes ne sont pas à chercher dans le coeur des enfants.

A aucun moment, je n’ai perçu que les programmes annuels officiels rencontraient mes enfants, là où ils en étaient, touchaient leur coeur, leur permettait de faire face aux défis intérieurs qui étaient les leurs, et les emballaient ; en d’autres termes, à aucun moment, je n’ai constaté que ces programmes permettaient aux enfants de se construire intérieurement. L’intériorité en est la grande absente.

On peut aussi assez facilement percevoir que les programmes de l’EN font en sorte que les enfants correspondent à la demande du marché du travail…

Cette logique qui consiste à préparer les enfants pour les faire correspondre à des besoins extérieurs et non à leur fournir les matériaux dont ils ont besoin intérieurement pour être heureux permet seulement de surcharger les emplois du temps des enfants et de les égarer dans un monde qui n’est pas le leur, ne leur apporte pas de la nourriture intérieure et, par conséquent, ne rencontre pas le coeur des enfants ; on ne les respecte pas dans leurs besoins fondamentaux et leurs étapes de développement intérieur. L’enfance est en danger, car en voie de rétrécissement comme une peau de chagrin…

Dans la pédagogie Waldorf, c’est totalement l’inverse. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai constaté que les matières que nous étudiions comblaient les questionnements que mes filles traversaient et leur apportait de quoi s’alimenter en profondeur.

C’est que les matières enseignées chaque année au sein de la progression Waldorf, ne sont pas introduites au hasard ou par soucis politique de répondre aux attentes des entreprises ou aux craintes de certaines franges de la population…

Non ! Elles sont introduites pour correspondre aux besoins des enfants, à ce qu’ils traversent intérieurement. A chaque étape de sa vie, les matières enseignées fournissent à l’enfant, par exemple, de quoi identifier ce qu’il traverse et de quoi trouver ses solutions, en permettant toujours qu’il puisse s’appuyer sur sa force vitale et sur son potentiel unique. Indéniablement, dans la pédagogie Waldof-Steiner, il y a un écho entre l’intériorité de l’enfant et la matière vue ensemble ; cela ressemble parfois à de la pure magie tellement c’est beau et bon !

Qui plus est, l’apport de l’artistique et du manuel à l’équilibre d’un enfant n’est plus à faire. Les personnes que nous rencontrons sont toujours stupéfaites du nombre de choses que nos filles savent faire de leurs dix doigts, de leur épanouissement et de leur maturité.

Cheval à l'aquarelle Gwendolyne

Aquarelle de Gwendolyne

Alors, chaque année, la magie de cette pédagogie me donne la force de persévérer dans la préparation de leur nouveau programme, d’y puiser de la beauté et de la sagesse afin de continuer à leur donner les outils qui font qu’elles grandissent si bien.

L’an dernier, exceptionnellement je n’avais pas pu préparer très en avant le programme de cette année d’instruction écoulée, car je n’étais vraiment pas en forme au niveau santé. Il en a découlé que j’ai dû préparer les blocs de travail au fur et à mesure durant tous ces derniers mois, et cela a été constamment une course contre la montre et une pression, ce qui explique aussi ma désertion partielle sur le blog !

Léonard de Vinci

En ce moment, entre notre bloc d’histoire du Moyen Âge que nous sommes en train de terminer, un projet en voie de finalisation qui me tient à coeur et dont je vous parlerai un peu plus tard, et notre potager dont nous nous occupons en famille, je travaille sur les blocs d’histoire ; au menu, les grands explorateurs et la Renaissance !

A bientôt !

Photo entête : Svetla Petrova, Fat cat’s art

9 Commentaires

  1. Isa LISE

    Merci pour ces partages et bonne préparation !

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    • Monique

      Merci pour ton passage et ton commentaire !

      Réponse
  2. Maman D'automne Les Saisons

    TRès bel article et l’aquarelle de ta fille est juste bluffante!!! Moi aussi je suis toujours admirative de tout ce qu’elles savent faire avec leurs dix doigts!

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    • Monique

      Merci pour ce beau compliment ! 🙂

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  3. MONTI André

    Bonjour Monique,
    Magnifique travail, mais pourquoi l’E.N. (L’Education Normative ?) ne s’intéresse-t-elle pas à ce type de formation ? Question de pouvoir ?
    Félicitations,
    André

    Réponse
    • Monique

      Bonjour André,
      Merci pour ce message, très bon jeu de mot !
      Je pense que ce genre de pédagogie rend l’être trop libre intérieurement et ne sert donc pas les mêmes intérêts 😉

      Réponse
  4. Isabelle

    <3.
    Bon courage .
    Je suis en pleine préparation aussi 😉
    Dis moi, je sais que tes filles ont un an d'avance par rapport au plan steiner.
    Est ce que tu le regrettes?
    Je suis pas mal en réflexion pour Céline, je me tâte faire une année mixte 3ème/ 4 eme grade -( disons 4 eme à partir de mai, environ , si on a fini le 3 eme ) , histoire d'être plus ou moins dans les clous de l'En ( Elle est de décembre 2007, donc elle serait en niveau cm1, à la rentrée ) et parce qu'elle est dans une démarche plus " scientifique", avec un fort intérêt pour le fonctionnement du corps humain etc, le même si elle apprécie encore énormément le merveilleux.
    Bref, ton retour d'expérience m'intéresse bien 😉
    Bonne nuit.

    Réponse
    • Monique

      Coucou Isabelle !
      Alors, je ne peux pas dire que je « regrette » en tant que tel, ce choix m’apparaissant encore comme très cohérent. J’avais bien réfléchi à l’époque entre les différents paramètres et en prenant en compte que c’était une expérience très nouvelle pour nous, notamment en terme de contrôle. De plus, nos filles sont de la mi-août ; si elles avaient été de fin d’année, cela aurait pesé dans la balance. Qui plus est, j’ai toujours veillé scrupuleusement à ce qu’elles puissent jouer autant qu’elles en avaient besoin, équilibrant beaucoup les journées avec le travail manuel, le chant, les jeux rythmiques, le dessin, la peinture, etc.. Pour certaines matières, on a pris, et on continue de bien prendre notre temps. J’ai toujours argué devant les inspecteurs que certaines matières leur demandaient du temps pour être intégrées et qu’on prenait ce temps plutôt que d’avancer sans que ce soit acquis (y compris pour la lecture, etc..). Cela a toujours permis que nous ayons un rythme très personnalisé et très inspiré de la pédagogie Waldorf. Et avec un inspecteur chouette comme le nôtre, ça passait très bien.

      Enfin, comme tu es bien placée pour le savoir ;-), avec des jumelles, c’est vraiment une dynamique différente : une des deux était prête, l’autre moins, mais le couple gémellaire a vraiment permis de trouver un équilibre qui convenait aux deux, de tempérer des aspects, etc.. Je suis certaine que si elles avaient été singletons, j’aurais géré différemment.

      L’idée de faire des années mixte est très bonne ; je l’ai fait parfois et ça marche très bien. D’autant que ça peut continuer de rejoindre le programme de l’EN et de les « rassurer ». Dans les grades plus élevés (6,7,8…) il y a pas mal de matières qu’on peut traiter soit une année, soit l’autre. Tu vois, cette année (classe 6), nous terminons le mois de juin avec le Moyen Age, mais on peut le faire aussi en classe 7, et du coup, ça rejoint le programme de 5ème de l’EN qu’elles sont supposées voir à la prochaine rentrée… peu ou prou, ça se tient, ça permet des ponts. La seule différence, c’est que c’est beaucoup plus cohérent dans le cadre Waldorf pour en revenir à l’article ci-dessus 😉

      Je ne sais pas si cela fait avancer ta réflexion ? Je crois que, dans tous les cas, j’ai toujours fais les choses en étant bien connectées avec les filles.

      Réponse
      • Isabelle

        Oui, ça m’aide.
        Je pense en effet , si je fais ça , mettre en premier des blocs tels que l’homme et l’animal , la géographie locale , les fractions( sans compter que , concernant grammaire et conjugaison, elle est super en avance sur le plan , forcément ,et garder des thèmes comme la mythologie nordique pour un peu plus tard)
        Par ailleurs , ta réflexion concernant tes jumelles m’en ouvre une autre , sur les miennes 😉
        Bisous.

        Réponse

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