Les fabliaux des animaux est un ouvrage paru aux Éditions Belle Émeraude, en 2017.

Ces éditions nous ont habitué à des ouvrages de qualité ; celui-ci ne fait pas défaut à la règle : Les fabliaux des animaux est superbement illustré, il est de surcroît très bien écrit ; les textes font appel à plusieurs registres de langue, du familier jusqu’au soutenu, le tout sous une forme rimée (et rythmée) tout à fait attrayante.

Chaque fabliau recèle en son coeur une idée morale. Certains sont comiques, d’autres émeuvent…

Son format est agréable, ni trop grand, ni trop petit ; il met en valeur tant le texte que les illustrations. Broché, il compte 77 pages.

Cela fait quelques mois que je l’ai en ma possession, mais je n’avais eu le temps de m’y plonger. Entre temps, je réfléchissais beaucoup à l’emploi que nous pouvons en faire dans le cadre de l’instruction en famille de nos enfants avec la pédagogie Steiner.

Après lecture, ma préférence va à une utilisation pour la classe 2 dans laquelle il est traditionnel de faire un bloc de travail sur les fables. Il pourrait aussi éventuellement convenir à un enfant de classe 4, durant laquelle l’homme et l’animal est également le thème d’un bloc. Cependant, Les fabliaux des animaux me semble davantage convenir à la deuxième classe, de par son propos.

Alors, je me suis dit qu’il serait intéressant pour vous de vous montrer comment on peut utiliser un tel livre pour construire un bloc de travail en Français. Il est bien entendu que c’est ma façon de travailler un bloc et qu’il peut y en avoir bien d’autres.

Vous pouvez choisir au préalable de ne l’utiliser qu’en tout ou partie ; voire même de ne l’utiliser qu’en lecture offerte accompagnant le bloc en enrichissement. Dans ce dernier cas, vous n’avez donc rien à préparer, mais simplement à en organiser sa lecture au cours des semaines que durera votre bloc de travail.

Dans le cas où vous choisissez de vous baser sur Les fabliaux des animaux pour construire votre bloc, vous devrez trancher sur la question de savoir si vous l’utilisez en entier, ou bien n’empruntez que certains des fabliaux que vous compléterez par, par exemple, quelques fables de La Fontaine, ou bien des fables bretonnes comme je l’avais fait avec nos filles. Bien sûr vous n’êtes pas obligés de faire des fabliaux bretons avec vos enfants ! C’est juste une manière de vous montrer comment on peut personnaliser l’instruction de nos enfants : nos filles ont depuis toujours baigné dans le terroir finistérien et ces fabliaux avaient du sens pour elles, à plus d’un titre.

Pour en revenir au livre Les fabliaux des animaux, vous constaterez que celui-ci ne contient « que » neuf fabliaux, mais, la plupart d’entre eux sont assez longs. Ils nécessiteront donc un découpage sur plusieurs jours afin d’être adaptés à des enfants de classe 2 (équivalent du CE1), soit des enfants de 7/8 ans, ce qui est important pour construire votre planning de leçons.fabliaux des animaux

Pour rappel, les enfants ont appris à lire et écrire lors de la classe 1, mais la classe 2 vient renforcer les compétences des enfants en la matière. Il s’agit donc de pratiquer la langue française dans la continuité de la classe 1 : lire à voix haute un texte plus ou moins long selon où en est l’enfant, introduire l’écriture cursive, apprendre à écrire des mots de vocabulaire notamment autour des phonèmes, en comprendre le sens, acquérir des rudiments de grammaire… Vous devez donc veiller à ce que tout cela figure dans votre bloc de Français, tout en tenant compte de l’avancement de l’enfant, et tout en établissant une progression adaptée à lui.

Je prends pour base le plus petit des fabliaux, Annabelle la coccinelle. Il fait deux pages. Si je me base sur mes propres filles, telles qu’elles étaient à 7/8 ans, le texte pourra être vu et travaillé sur une semaine.

Mon tout premier travail personnel va d’ores et déjà consister à le lire plusieurs fois. Je vais en isoler la structure en prenant quelques notes, et le mémoriser en substance.

Une fois l’histoire en tête, je vais travailler sur le texte en lui-même. En prenant en compte où en est mon enfant, je vais lister les mots sur lesquels nous allons travailler. Je peux jeter un coup d’oeil sur l’échelle orthographique Dubois Buyse  qui m’aura donné des repères quant à la difficulté des mots et, en m’en inspirant, je peux lister ma propre échelle de mots concernant ce texte : coccinelle, anniversaire, ravie, etc. Il est intéressant aussi de grouper les mots avec des terminaisons identique : Annabelle/belle/coccinelle/étincelle, ou les sonorités proches qui peuvent poser problème en les orthographiant : aile, soleil ; ou encore les homophones grammaticaux présents : a et à… En choisir une quinzaine maximum, moins en fonction de l’enfant.

Ce travail va m’aider à faire des choix : quels mots vais-je choisir de traiter avec mon enfant ? Quelles règles de grammaire et d’orthographe lexicale (ou d’usage). Idéalement, le mieux est de se faire une progression sur l’année, que l’on pourra répartir sur les différents blocs de français. Pour faire une telle progression, je me suis toujours aidée de quelques vieux manuels de grammaire et de lecture trouvés sur le site Manuels Anciens afin d’avoir une liste complète, et déjà somme toute structurée, de toutes les notions que l’on pourra travailler. Ainsi, il est plus facile de suivre, sur l’année, toutes les notions proposées à l’enfant, d’isoler les difficultés qu’il rencontre, de planifier les prochains blocs, avec d’éventuelles révisions des notions. Comme je prends tout en note, je sais toujours où j’en suis, et j’ai aussi de la matière pour présenter notre travail lors de l’inspection annuelle de l’Académie…

Une fois fait ce premier défrichage très général, je vais me constituer une « banque » d’exercices, les plus vivants possibles, à présenter à mon enfant. Dans le même temps, je vais commencer à réfléchir à la façon dont je vais amener tout cela, jour après jour. Chez nous, la semaine a toujours été une semaine de 4 jours ; je me base donc sur ce rythme pour préparer mon planning. Comme je vous le disais plus haut, je pars avec l’idée de faire ce fabliau sur ma semaine, donc sur 4 jours/4leçons.

Sur mon cahier, ou sur mon ordinateur, je prépare ce fameux planning que je vais compléter au fur et à mesure qu’il prend forme dans mon esprit. Je me laisse toujours quelques jours pour travailler un bloc ; le temps permet aux notions d’infuser et à ma créativité de s’activer.

fabliaux des animauxDe manière toujours reliée au développement de mon enfant (où il en est, ce qu’il traverse, sa liberté intérieure ou, au contraire, ses difficultés, et je ne parle pas que de travail académique, mais bien en général là où il en est dans sa vie), je commence aussi à penser aux enrichissements divers qui viendront se relier à ce bloc : travail manuel, dessin et peinture, activités extérieures, jeux, etc. Dans cet esprit, je retourne voir mes tableaux Pinterest qui regorgent d’idées créatives…

Et, toujours, je laisse infuser, prenant note au fur et à mesure des idées qui jaillissent et structurant mon travail, car, « Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement » (Nicolas Boileau) ! Et puis on ne se départi pas comme ça de longues années de droit qui vous ont structuré jusqu’au bout des doigts!

Au bout de quelques jours de maturation, voici ce qui pourrait sortir de ce travail de préparation en amont  :

Jour 1

Idéalement, vous disposez d’un tableau noir et de craies. Idéalement toujours, vous avez tracé sur une partie de celui-ci un dessin illustrant la fable que vous allez utilisée et une phrase marquante de celle-ci ; par exemple :

« Annabelle comprit

Que plus elle donnait,

Plus elle recevait ».

Introduisez les mots que vous avez choisis : vous les écrivez au tableau, vous les épeler tous ensemble, puis demander à l’enfant d’en épeler certains tout seul.

L’enfant lit à voix haute des parties du fabliau, autant qu’il le peut, en alternance avec vous. Si vous êtes à l’écoute de votre enfant (ce dont je ne doute pas), vous observerez facilement ce qu’il est en mesure de lire en terme de quantité ; il y a un équilibre à trouver entre le faire se dépasser (l’idée est de toujours tirer par le haut, par exemple : en lisant encore une toute dernière phrase) et l’épuisement qui sera contre-productif. L’enfant est votre repère.fabliaux des animaux

A l’oral, vous lui faites faire la narration du fabliau ; si besoin, vous le guidez avec quelques questions. Faites des reformulations si nécessaire ; posez des questions de vocabulaire

L’enfant peut ensuite commencer à reproduire le dessin du tableau sur son cahier de leçon principale.

Cela constitue la base de la leçon. Maintenant, aucun enfant ne travaille à la même vitesse. Une de mes plus grandes difficultés au début a été de trouver comment accompagner deux enfants (du même âge puisque mes filles sont jumelles), mais avec un tempérament et des rythmes de travail radicalement différents. Pour certains enfants, le travail décrit ci-dessus constituera d’ores et déjà une leçon bien remplie et amplement suffisante. Pour d’autres, comme l’était une de mes filles, cela sera insuffisant et elle sera encore en demande.

Il vous est donc nécessaire d’adapter la teneur de la leçon au tempérament et au rythme de travail de votre enfant. En ce qui me concerne, j’ai toujours une base qui correspond à ce que l’une de mes filles est capable d’absorber et de la matière supplémentaire pour sa jumelle (bien que l’écart s’est considérablement tassé depuis un ou deux ans).

Si cette leçon est insuffisante pour l’enfant, faites-le écrire les mots épelés au brouillon, ou bien dans du sable, ou encore en l’air… Introduisez donc quelques exercices supplémentaires : épeler les mots en lançant les sacs de haricot ou en sautant à la corde par exemple.

Jour 2

Faire narrer à l’enfant le fabliau que vous avez vu la veille. Par des questions, veillez à lui faire compléter si besoin est.

Revoir les mots de la veille : les épeler à nouveau ; les mettre par ordre alphabétique… Énoncez la règle orthographique (ou la règle grammaticale que vous avez choisi de lui présenter) sous-jacente à cette liste de mots. Faites la réciter à l’enfant. Utilisez des mouvements rythmiques pour accompagner cette partie.

Demandez-lui d’utiliser ces mots dans des phrases afin de vérifier qu’il en a intégré le sens. Si il reste pas mal de temps, lui faire écrire ces phrases.

Élaborer ensemble un petit résumé : entre 5 et 10 lignes en fonction de l’enfant, du moment où vous faites le bloc (en début ou en fin d’année) ; si l’enfant est encore en forme, lui faire écrire le résumé au cahier.

Si il ne l’a pas fini la veille, l’enfant complète son dessin ; il dessine une frise en marge de son résumé et/ou de ses mots de vocabulaire.

Jour 3

Faites relire à l’enfant son résumé du jour 2, à voix haute.

Faites-lui réciter la règle orthographique ou grammaticale vue précédemment. Lui faire écrire au cahier.

Revoir les mots de vocabulaire, les épeler encore, à l’endroit, à l’envers. Chercher des homophones ou bien chercher par ordre alphabétique des mots comprenant le son étudié…

Terminez les dessins si nécessaire.

fabliaux des animauxJour 4

Récapituler encore une fois la fable. Discuter de la morale de l’histoire.

Revoir les mots épelés : par exemple, on a mis tous les mots sur des étiquettes séparées dans un panier ; l’enfant pioche un mot et doit l’épeler.

Je suis une fervente partisane de la dictée régulière ; alors, après que l’enfant a travaillé trois jours sur ces mots, vous pouvez procéder à une dictée de ceux-ci.

Accompagnez l’enfant dans la rédaction d’un petit poème avec les mots qu’il a appris durant la semaine.

La leçon principale a lieu le matin, après le cercle. L’après-midi, veillez à faire des enrichissements en rapport du thème du bloc. Par exemple, cette semaine de quatre jours peut comprendre les activités suivantes :

  • Feutrer à l’aiguille une coccinelle.

  • Ou bien en coudre en feutrine.

  • Modeler une coccinelle à la cire d’abeille ; ou en terre.

  • Si c’est la période, partir à la « chasse à la coccinelle » dans un espace naturel.

  • En apprendre plus avec un adulte sur le rôle des coccinelles dans les jardins naturels.

  • Peindre des coccinelles sur des galets. Les mettre au jardin, ou sur la table des saison, ou encore créer avec un jeu du type tic-tac-toe (en peignant un deuxième type d’insecte sur les autres galets).

  • Peindre à l’aquarelle des coccinelles.

  • Se déguiser en coccinelle ?

Voilà comment vous pouvez décliner une semaine de travail sur un bloc qui en comptera généralement entre 3 et 5 (cela dépend des enfants et de leur âge). Travailler ainsi vous permettra de grandement personnaliser l’instruction de votre enfant. N’oubliez pas que votre préparation en amont est primordiale. C’est perfectible (toujours !), et encore plus personnalisable selon l’enfant, mais c’est une base de travail qui permet de savoir où l’on en est et de donner la liberté de créer à partir d’elle.

Bon travail à vous !

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