J’ai découvert les romans graphiques de Brian Selznick grâce à mes deux filles. Les deux ouvrages dont je vais vous parler sont de très beaux romans graphiques, un concept que j’adore et qui est, somme toute, assez récent (je ne crois pas en avoir lu durant ma jeunesse). Ce sont des livres à mi-chemin entre l’album, le roman et la BD, ce qui a son importance comme je vous en reparlerai.

La caractéristique de ces deux romans graphiques est qu’ils sont entièrement en noir et blanc.

J’ai déjà abordé l’importance du noir et du blanc en art pour les enfants d’un certain âge, à partir de la classe 6 et au-delà. Vous pouvez consulter mon article Le dessin en noir et blanc, Classe 6 pédagogie Steiner. Durant cette période, je trouve extrêmement intéressant de leur faire découvrir les romans graphiques de Brian Selznick :

  • Parce qu’ils sont entièrement réalisés en noir et blanc
  • Parce qu’ils sont artistiques et très beaux
  • Parce qu’ils sont d’une grande sensibilité tant au niveau de leur histoire respective qu’au niveau des illustrations.

Les deux livres sont très épais : 533 pages pour L’invention d’Hugo Cabret et 669 pages pour Les Marvels. Mais que cela ne décourage pas ceux qui sont peu motivés par la lecture : plusieurs planches de dessins se succèdent en alternant avec quelques pages d’écrits. Les pages successives de dessins en racontent autant, si ce n’est plus (à la manière des BD, les bulles et les « cases » en moins), que les pages d’écriture. A tout le moins, elles se complètent fort bien. Concernant Les Marvels, c’est un peu différent car toute la première partie de l’histoire est en image, puis la deuxième est en écriture, et le livre se termine à nouveau par des pages illustrées.

Je n’ai personnellement qu’une très maigre culture en matière de BD : la lecture m’en a toujours un peu gêné pour me repérer dans l’espace de la page (l’espace est quelque chose de vraiment particulier pour les Asperger) ; par contre, je suis extrêmement admirative des talents artistiques de certains dessinateurs de BD qui ont un coup de crayon incroyable. Le roman graphique, dès lors, est intéressant parce qu’il mêle les genres et s’ouvre ainsi à des lecteurs différents.

Venons en à chaque livre :

Brian Selznick, L’invention de Hugo Cabret, Bayard Jeunesse, 2008, 533 pages.

Brian Selznick, Les Marvels, Bayard Jeunesse, 2017, 669 pages.

romans graphiques de Brian Selznick

Le plus ancien est L’invention de Hugo Cabret. L’action se situe en France. Hugo est un jeune orphelin recueilli par un oncle négligent et alcoolique qui lui apprend toutefois à s’occuper des mécanismes d’horlogerie, une profession familiale, puisque le père d’Hugo était lui aussi horloger, tout en étant l’inverse de son frère : il était en effet un père attentionné, aimant et posé. Hélas ! Il meurt dans l’incendie d’un musée alors qu’il restaurait un automate auquel il tenait particulièrement.

Un jour, Hugo découvre celui-ci dans les ruines du musée. Il le ramène et entreprend, lui aussi, sa restauration, dans l’esprit de son père. Sa « rencontre » avec Georges Méliès (cinéaste français ayant réellement existé bien que son intrication dans le livre soit tout à fait fictive) va bouleverser sa jeune vie éprouvée par la perte de son père et « l’éducation » de son oncle.

C’est une jolie histoire à quelques tiroirs secrets, qui livre des détails à la manière de certains automates antiques qui révèlent des trésors quand on les met en marche et qui ont une place centrale dans ce livre.

L’ambiance est un peu Steampunk. La magie est toujours présente dans les deux romans graphiques de Brian Selznick, tant au propre qu’au figuré.

romans graphiques de Brian Selznick

Les illustrations sont très artistiques tout comme la couverture en noir et blanc ornée d’orange et de doré.

romans graphiques de Brian Selznick

Avec Les Marvels, la couverture passe au bleu et doré.

Si j’ai été impressionnée par la qualité artistique de Hugo Cabret, j’ai été carrément époustouflée par celle des Marvels. On passe encore un cran au-dessus tant les dessins sont puissants : plus riches, plus fournis, plus expressifs encore. L’intensité émotionnelle en est renforcée.

Les Marvels, c’est l’histoire d’une famille, quasiment d’une dynastie, de comédiens.

romans graphiques de Brian Selznick

Joseph, orphelin lui aussi, vient chercher refuger chez un oncle original et mystérieux. Il apprendra au bout d’une quête, qui il est et d’où il vient, ainsi que sa destinée en ce monde.  Ce carrefour de motifs existentiels est commun aux deux romans graphiques de Brian Selznick.

Tant au niveau des dessins que de l’écriture sensible et riche, il y a une continuité entre ces deux livres, ayant pour personnages principaux un jeune garçon. L’histoire des Marvels est poétique, bouleversante et pleine de magie.

romans graphiques de Brian Selznick

Voilà. Ces deux romans graphiques en noir et blanc sont à découvrir et à mettre entre les mains des 12/14 ans et au-delà. Bien sûr, les histoires sont écoutables par des oreilles plus jeunes (ou plus âgées !) Il est juste intéressant de les faire découvrir au moment où ce type d’images en polarités noir et blanche, selon Rudolf Steiner, vient rencontrer pleinement la jeune personne dans sa propre recherche de polarité. N’oublions pas que l’adolescent expérimente en lui des polarités d’une manière presque violente : amour/haine, intérêt/désintérêt… auxquelles le noir et le blanc font écho.

Cela me rappelle combien j’aimais, adolescente et jeune adulte, dessiner en noir et blanc, ce qui a perduré plusieurs années…

romans graphiques de Brian Selznick

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- Monique

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