« L’école de la forêt – Jeux et apprentissages dans les bois pour les aventuriers en herbe » est le livre épatant que je peux résister à vous présenter. C’est une petite merveille parue en mars 2019 aux Éditions Ulmer. Co-écrit par Peter Houghton et Jane Worroll, il est d’abord paru en anglais sous le titre « Play the forest Schoolway » en 2016.

Les auteurs, tous deux diplômés de la pédagogie Forestschool, ont créé leur propre structure près de Londres ; leur livre est un des premiers du genre en Français !

Tout d’abord, laissez-moi vous présenter « L’école de la forêt » en tant que très bel objet ! Tous les amoureux des livres ne peuvent que se pâmer devant un si joli livre. Broché, de format 14,7 x 20,2 cm, il revêt une couverture cartonnée d’un beau vert naturel. Le papier est très doux, on ne se lasse pas de le caresser ! Comble du confort à mes yeux (et c’est le cas de le dire), les caractères sont imprimés en vert et en brun assez foncé, rendant sa lecture apaisante et confortable ! De jolis croquis l’illustrent de bout en bout. La mise en page est aérée et jolie, agrémentée de tableaux de style « panneaux forestiers » et de petits textes imprimés sur motif de feuille verte, pour faire un focus sur un point particulier,  ou sur une astuce par exemple.

L'école de la forêt

Des doubles pages, totalement vertes, indiquent artistiquement les chapitres :

L'école de la forêt

Cela en fait un objet tellement joli que moi qui ai l’habitude de griffonner (au crayon à papier, surtout pas au surligneur ou au stylo !) la plupart de mes livres, je me suis contentée pour celui-ci de coller des post-its !

Alors, voilà, rien que physiquement, L’école de la forêt est un ravissement (oui, j’ai décidé de « vous en mettre plein la vue » avec ce livre !)

L'école de la forêt

Passons au fond ! Vous ne serez pas déçus non plus !

Une belle introduction vous présente la naissance et le développement du mouvement Forest School en Grande-Bretagne, inspiré de la pédagogie scandinave fondée sur le jeu et la nature, mais aussi par les pédagogies Steiner et Montessori. La définition qui en est donnée est la suivante :

« Forest School est une source d’inspiration en mouvement, qui offre à tous les apprenants des occasions régulières d’acquérir et de développer de l’assurance et l’estime de soi au moyen d’expériences et d’apprentissages concrets dans la forêt ou un environnement naturel arboré » (page 5)

Les auteurs vous expliquent ensuite (toujours dans l’introduction) comment jouer à la manière de l’école en forêt, en vous présentant une vue d’ensemble du livre :

  • des activités pour des enfants de 3 à 11 ans
  • les qualités demandées aux adultes accompagnateurs
  • les vêtements appropriés, etc.

Ils vous donnent aussi des conseils sur le choix des activités selon différents paramètres, comment vous y prendre, à quel moment, avec quels enfants…

Enfin, le but de L’école de la forêt est clairement affiché :

« Nous en savons plus sur la nature que jamais auparavant : comment les écosystèmes fonctionnent, comment les espèces ont disparu. Cette connaissance est très importante pour le bien-être futur de la planète et de ceux qui la peuplent, mais pour que les générations à venir aient le désir de la mettre en pratique, elles doivent éprouver un lien avec la nature, ce qui ne peut se produire qu’au travers d’expériences significatives, joyeuses, en immersion totale, avec des adultes de confiance et des amis. Voilà ce que l’école en forêt se propose d’atteindre« .

L'école de la forêt

Il y a quatre grandes parties, reconnaissables donc grâce à la double page verte :

  1. Explorateurs de la nature
  2. Techniques de survie
  3. Jeux collectifs autour des animaux de la forêt
  4. Arts de la forêt

Dans la partie « Explorateurs de la nature », le but des auteurs de L’école de la forêt est de permettre aux enfants de renforcer leur lien à la nature et de mieux la comprendre.

J’y ai notamment repéré une activité qui serait super pour la leçon de géographie en classe 4 : « Cartographie de la forêt » (page 18s).

A chaque fois, l’activité est structurée de la même manière :

  • une présentation générale de l’activité et de son apport
  • « à vos marques » : quelques conseils de préparation de votre activité sans les enfants
  • « prêts » : installation de l’activité avec les enfants
  • « partez » : l’activité démarre ; des conseils sur le déroulement vous sont donnés
  • pour finir, chaque activité ouvre le champs à des questionnements et des discussions avec les enfants : comment les enfants l’ont vécu, mais aussi il y a toujours un ou plusieurs thèmes approfondis, des thèmes écologiques, ou sur la flore ou la faune, ou d’autres encore comme vous le verrez plus bas
  • enfin, chaque activité s’accompagne d’un tableau très bien fait récapitulant notamment : le lieu de l’activité, la tranche d’âge visée par elle, le nombre de joueurs, les apprentissages permis, le matériel nécessaire, les consignes de sécurité lorsqu’elles s’avèrent nécessaire.

 

L'école de la forêt
L'école de la forêt

Préparer ces activité demandera aux adultes de construire et compléter leurs propres connaissances. C’est excellent, car on ne peut pas vouloir ou prétendre accompagner des enfants sans se développer d’abord soi-même.

Les activités font ainsi appel à une bonne compréhension de la nature : son rôle et celui des êtres qui la composent ainsi que leur utilité, notre interdépendance à tous, nous les espèces qui la composons…

Exemple : à quoi servent les arbres ? En quoi sommes-nous interdépendants avec eux ?

Mais vous devrez aussi réviser votre histoire !

Ainsi, dans la seconde partie intitulée « Techniques de survie », vous devrez faire appel à des notions d’archéologie relatives particulièrement aux chasseurs-cueilleurs, à la pédagogie et au développement des apprentissages cognitifs.

En fait, ce livre fait appel, et développe, une grande culture.

Dans cette partie, les auteurs de L’école de la forêt insistent beaucoup sur la question de la sécurité : pas question d’infantliser les enfants, cependant votre vigilance et votre bon sens sont sollicités. Les consignes sont régulièrement rappelées qu’il s’agisse de faire du feu ou d’utiliser cet étrange ustensile que je ne connaissais pas : la bouilloire à cheminée ! (Ça m’a donné envie d’en voir une de près, à l’oeuvre !) Ou encore quand il s’agit de faire une cueillette sauvage. Pas question de rejouer Into the Wild… Les techniques de survie présentées ici sont, selon les auteurs :

« ... déterminantes pour améliorer l’estime de soi. Plus vous vous familiarisez avec ces activités, plus il vous sera facile de passer de l’une à l’autre au fur et à mesure des besoins, pour répondre au déroulement naturel de la journée et à l’état émotionnel des participants« . (page 9)

La troisième partie du livre porter sur Les jeux collectifs autour des animaux de la forêt ». C’est une partie éminemment basée sur le développement des compétences sociales.

Pour les auteurs, ces activités sont notamment « un point de départ fantastique pour canaliser les énergies vers de la coopération, de l’empathie et un plaisir partagé » (page 8). En fait, il y a là une extraordinaire collection de jeux super montrant notamment la grande interdépendance de tous les êtres ; je pense notamment à celui intitulé « Toile de vie » (page 97s). Mais aussi, on apprend à développer sa concentration, à comprendre les relations prédateurs/proies, à se faire confiance, à développer son autonomie, à mieux comprendre les stratégies de survie des espèces…

L'école de la forêt

La quatrième partie s’appelle « Arts de la forêt » ; selon les auteurs, cette série d’activité est « parfaite après une série de jeux ou après le déjeuner, par une chaude journée ! » (page 9)

Elles sont toujours et encore l’occasion de rappeler le bon sens de la sécurité (comment utiliser les outils par exemple), mais aussi d’explorer d’autres cultures, – comme les Celtes et leur rapport aux arbres qui si profond -, d’une manière agréable avec la symbolique des Oghams par exemple. Vous voyez que les prolongements culturels sont toujours présents, notamment avec les civilisations qui faisaient une grande place à la nature et aux plus humbles des animaux.

Vous ne devrez donc pas seulement savoir en quoi consiste un sol vivant, mais aussi connaître bien d’autres domaines qui, ensemble, constituent le Vivant.

Voilà donc un livre enthousiasmant, riche, et tout à fait complémentaire, qui ravira les familles non sco… mais pas que !

Il est simple d’accès (comme Passeur de nature) bien qu’il ne comporte pas un « programme » comme celui-ci. Il constitue une « boîte à outils » fort belle et fort riche, accessibles immédiatement, que vous apprécierez d’approfondir ensuite avec « Pistes« .

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- Monique

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