« Le lac des cygnes » écrit par Pascale Maret et illustré par Alexandra Huard, édité en octobre 2019, chez Nathan, est un album très artistique.

Grand album de 32 x 24,5 cm, comprenant 32 pages, il est en outre imprimé sur la base de cinq couleurs. Un ami, ancien imprimeur, m’a expliqué que la plupart des ouvrages et supports sont imprimés en quatre couleurs, avec lesquelles on obtient déjà une grande variété de nuances. L’utilisation de cinq couleurs est plus riche, plus exigeante en terme de travail, plus coûteuse donc, mais, bien sûr, restitue une palette encore plus profonde. Elle implique par conséquent un ouvrage plus prestigieux. Toute une promesse… tenue !

 

 

Le lac des cygnes

Tout le monde connaît la merveilleuse musique de Tchaikovski pour son ballet Le lac des Cygnes. Avec un peu de chance, vous avez au moins pu en écouter une retransmission sur CD et/ou voir le ballet sur écran. Si vous êtes encore plus verni, vous avez pu assister en réel à une représentation à l’opéra. Étant un chef d’oeuvre de la musique classique, vous vous souviendrez certainement avec émotion de la grâce des danseuses en tutu évoquant parfaitement les évolutions non moins gracieuses des cygnes sur un lac…

Le lac des cygne est inspiré d’une légende allemande : un prince sommé par sa mère de se marier doit choisir sa future épouse lors d’un bal, le soir-même. Furieux, le prince se réfugie au coeur de la forêt. Là, près d’un lac, il devient le témoin d’un spectacle éblouissant : une troupe de cygne dont il s’apprêtait à tuer quelques spécimen, se transforment en jeune fille. A la tête de cette troupe, il y a Odette, dont il tombe éperdument amoureux. Odette est une princesse victime d’un enchantement : le jour, elle est un cygne, et la nuit elle redevient femme. Le seul moyen de briser le sort est qu’un amour véritable lui soit déclaré.

Le prince va désormais s’employer à faire d’Odette son épouse légitime. Las ! C’est sans compter sur l’affreux sorcier Rothbart, auteur de l’infâme sortilège et de divers stratagèmes non moins vils.

 

 

 

Le lac des cygnes

Le ballet de Tchaikovski connaît plusieurs fins différentes, selon les metteurs en scène : des heureuses ou des moins heureuses. Le lac des cygnes publié ici se base sur l’interprétation qu’en fit le génie de la danse classique que fut Rudolf Noureev. C’est une version mélancolique, empreinte de drame : le prince, trompé par le sorcier, perd Odette en déclarant son amour au cygne noir… Cette version fait la part belle à la fatalité.

L’histoire est ici narrée par Pascale Maret. Je n’ai pas grand chose à en dire. Sans doute parce que, très personnellement, j’ai trouvé les illustrations tellement fortes qu’elles m’en ont éclipsé peu ou prou le texte. La narration n’en est pas pour autant mauvaise, loin de là. La page Wikipédia qui lui est consacrée nous apprend que Pascale Maret rêvait, étant petite, de devenir danseuse étoile ; un rêve qu’elle n’aboutira pas,  mais elle demeure néanmoins une grande spécialiste du ballet sur lequel elle a fait une thèse. La narration de l’album Le lac des cygnes fut certainement un plaisir pour elle.

Peut-être simplement ai-je trouvé la chute de l’histoire un peu brutale, un peu trop vite amenée… Une situation qui ne lui est peut-être même pas imputable dans la mesure où les contraintes d’éditions viennent aussi poser des limites à la longueur des textes.

Le lac des cygnes

Les illustrations (je frétille en écrivant ce mot) sont d’Alexandra Huard. Je les trouve de toute beauté, surtout, en ce qui me concerne, celles sur Odette/le cygne. Alexandra Huard tient un blog. A l’occasion de la sortie de l’album Le lac des cygnes, elle nous livre un article assez fourni tant en esquisses préparatoires qu’en explication. Je trouve certaines de ses esquisses préalables absolument somptueuses (celle en noir et blanc sur Odette ont ma préférence !)

J’aime beaucoup ce qu’elle décrit de sa démarche, de ses préoccupations et espoirs :

« J’espère sincèrement que le livre plaira à des danseurs et de danseuses, qui ont l’oeil très affûté pour observer le corps, les postures, les compositions… »

Je ne suis pas du tout une danseuse, mais, pour moi, d’un point de vue artistique, ses illustrations sont magnifiques.

Le lac des cygnes

Une dernière remarque générale : l’album Le lac des cygnes est donné à partir de 5 ans. Très sincèrement, malgré la beauté de celui-ci et la grande accessibilité du texte (qui justifie, quant à ce dernier, cette limite d’âge), je trouve l’ensemble très sophistiqué, un brin trop pour des 5 ans. il sera certainement plus adapté à partir de 6/7 ans.

A vous de voir !

(Sur le site des éditions Nathan, vous pouvez voir une autre sorte d’illustration en cliquant sur « Page intérieure » dans « Document à télécharger.

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- Monique

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