L’adolescence s’invite de plus en plus sur Chant des Fées, et notamment, avec les romans ado/jeunes adultes.

A la maison, j’ai plusieurs configurations : une fille résolument « littérature contemporaine », et une autre fille se délectant tout autant de classiques que d’un bon roman contemporain. Nous partageons bon nombre de lectures en commun, ma passion de la littérature jeunesse s’enrichissant maintenant d’incursions fréquentes dans les romans ado et jeune adulte.

Nous lisons beaucoup, échangeons beaucoup sur nos lectures, nous efforçant d’approfondir toujours plus le plaisir de la lecture tout comme l’analyse des genres, des styles, les schémas narratifs, etc… C’est une façon vivante, dynamique, d’étudier la littérature. Nous sommes curieuses de beaucoup de types d’écritures et forgeons notre appréciation au fur et à mesure des lectures, des approfondissements. Même un « mauvais » livre nous apporte beaucoup, nous permettant d’affiner nos goûts, nos analyses, de nous interroger plus avant… Rien n’est à rejeter.

Pour ma part – car je ne parlerai ici qu’en mon nom, sauf éventuelle mention spécifiquement explicite -, je demeure extrêmement sensible à l’esthétisme dans l’écriture, une notion qui me paraît absente de bien des romains contemporains, et, particulièrement dans les romans ado et jeunes adultes. Honnêtement, je le déplore. Peut-être cela vient-il de ma sensibilité d’Asperger, mais un texte que je considère mal écrit n’a pas de « musique » et cela nuit considérablement à ma lecture. Je me pose souvent la question de la cause d’un tel abandon de toute forme de beauté… y compris dans l’art en général… Mais, chercher à comprendre l’époque dans laquelle je vis, l’intérêt qu’éprouvent les jeunes personnes dans ce genre de lecture, me poussent à en faire un objet d’étude ; j’aime dénouer les fils, au propre comme au figuré !

Après ces quelques considérations, voilà donc trois romans ado que nous avons eu la chance de lire alors qu’ils ne sortiront chez Nathan qu’au cours du premier semestre 2020 :

  • Et ta vie m’appartiendra, de Gael Aymon, sortie prévue le 19 mars prochain.
  • Se taire ou mourir, de Karen M. McManus, qui sortira le 12 mars 2020.
  • Le monstre chez moi, d’Amy Giles, qui sera publié le 16 avril prochain.

Dans aucun des trois, la beauté de l’écriture n’est à évoquer, bien que cela ne soit pas non plus les pires lectures que j’ai pu faire. De plus, deux d’entre eux ont vraiment retenu mon attention. Ces trois romans ado sont tous des thrillers, un genre qui tend, paraît-il, à se développer beaucoup dans cette tranche d’âge.

romans ado

Premier des trois romans ado : Et ta vie m’appartiendra, de Gaël Aymon

Présentation de l’éditeur : « Et si votre plus cher désir risquait de vous tuer ?
A la mort de sa grand-mère, Irina reçoit un étrange héritage : une peau, sorte de talisman censé exaucer tous ses désirs…
Sans y croire, la jeune fille demande à devenir riche, ainsi que la dévotion absolue d’Halima, sa seule amie. Et ses souhaits se réalisent…
Pourtant, cette existence de rêve se transforme vite en cauchemar. Car un ennemi rôde, prêt à s’emparer de son talisman, par tous les moyens. Et à chaque voeu formulé, la peau aspire peu à peu la vie d’Irina, la tuant à petit feu. »

Une dimension fantastique certaine, bien exploitée par l’auteur, dont voici quelques mots :

« Cela faisait très longtemps que je rêvais de m’emparer du mythe créé par Balzac dans La peau de chagrin, et de faire surgir son talisman maléfique dans la vie d’une héroïne moderne.

Les questions que soulève le roman, et qui agitaient ce XIXè siècle en perte de repères, restent plus que jamais d’actualité. Celles du sens de la vie, du désir et de la richesse comme valeur absolue de notre société. Que désirer, quand on peut tout avoir ?

Mais faire une adaptation contemporaine du roman d’origine me semblait aussi casse-gueule qu’ennuyeux. Et ta vie m’appartiendra n’en conserve donc que sa construction en trois parties. Par une mise en abîme de l’intrigue originale et de la vie réelle de l’écrivain, j’ai voulu tisser un thriller sombre et haletant autour de deux jeunes filles. Déclassées et au seuil de leur vie d’adultes, comme le héros de La Peau de chagrin, elles sont comme lui, les symboles vivants de leur époque et effectuent un véritable parcours initiatique.

Mais feront-elles les même choix ? Et vous, auriez-vous signé le pacte ?« 

Après une première partie plus lente, les deux autres nous plongent dans un récit captivant !

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Deuxième romans ado

Le deuxième de ces romans ado dont je voulais vous parler est Se taire ou mourir ? de l’américaine Karen M. McManus. Ma fille qui adore la littérature contemporaine avait lu le premier livre de cette auteure, Qui ment ?, et l’avait énormément apprécié.

Avec celui-ci, on plonge à nouveau dans l’univers des lycées américains qui est assez familier à ceux qui suivent les séries américaines. Dans Se taire ou mourir ?, on tombe dès le début dans le suspens d’une intrigue policière bien menée. (J’ai aussi appris l’expression « page-turner », littéralement un « tourneur de pages », qui désigne un livre captivant… et « stalker », pour quelqu’un qui traque, harcèle, épie…)

Bien sûr, le cadre spatio-temporel des États-Unis d’aujourd’hui est peut-être très éloigné de ceux de deux adolescentes instruites en famille à la campagne… sans télé ni micro-onde (private joke !) Mais, du moins, peut-on toujours l’inscrire dans la découverte de la civilisation américaine…

Présentation de l’éditeur : Echo Ridge est une petite ville de carte postale. Mais Ellery, la nouvelle élève, ne la connaît que de la rubrique des faits divers. Deux jeunes filles, dont la tante d’Ellery, y ont disparu au cours des 20 dernières années, après le bal du lycée. Lorsque les menaces recommencent visent les prétendantes au titre de reine du prochain bal, de nombreux secrets risquent d’être dévoilés…

La remarque de la maman de jumelles ( et de ses jumelles) : appeler ses jumeaux Ellery et Ezra ou Sadie et Sarah (il y a en effet, deux couples de jumeaux dans l’histoire), ça fâche… Alors, soit l’auteure ni connaît vraiment rien en matière de gémellité, soit, pour une fois, les États-Unis ont plusieurs wagons de retard sur nous.

 

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Le troisième des romans ado

Enfin, Le monstre chez moi est le troisième livre que je souhaitais vous présenter. Il est lui aussi d’une auteure américaine et se passe aujourd’hui aux USA. Il semblait prometteur de par sa présentation éditeur :

Hadley est l’élève parfaite. Une athlète accomplie. La fille modèle. Mais elle cache un lourd secret.
Lorsqu’un crash d’avion prend la vie de ses deux parents, les enquêteurs cherchent à savoir quel rôle a joué Hadley dans l’accident. et pourquoi elle a tenté de se suicider quelques jours après le drame.

Le côté suspens de l’intrigue est assez bien rendu, notamment : la menace lourde engendrée par un père manipulateur et violent (psychologiquement, et, finalement, physiquement). Néanmoins, l’aspect « chick lit » (littéralement de la « littérature de poulette », qui vise les romans sentimentaux écrits par les femmes pour les femmes) est assez pénible et occupe un large pan de celle-ci, à son détriment. Traiter des sentiments et de la sexualité des adolescents est très important, mais pas à n’importe quel prix…

A la lecture de ces trois romans ado, plusieurs choses m’ont marqué et font partie des pistes que je remonte au gré de mes lectures dans ce genre :

– la problématique présente dans tous de l’alcool et de ses ravages dans les familles.

– les clichés, ou ce qui me semble être des clichés, à propos des adolescents (et je renvoie notamment à la lecture d’un de mes récents articles). Je n’ai, pour le moment, pas plus de réponse pour étayer ce questionnement. Je me pose toutefois la question de qui de l’oeuf ou de la poule ont été créés en premier. A savoir, est-ce que ces romans sont vraiment le reflet des adolescents d’aujourd’hui, ou bien est-ce qu’il fournissent une image toute faite de ceux-ci, créant ainsi un besoin, une réalité, qui n’existait pas forcément…

– enfin, pour terminer, je déplore un peu que les romans américains soient tellement propulsés chez beaucoup d’éditeurs. Je ne suis pas contre eux, j’en lis. Toutefois, beaucoup d’auteurs français qui sont très bons n’ont pas autant de visibilité, et c’est bien dommage.

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- Monique

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