En ces temps de Coronavirus, bien des choses se révèlent. Nous sommes à J+8 du confinement et de grandes tendances se dessinent ou se confirment. Derrière ces grands courants, on peut toujours se poser la question de savoir si ce qui se passe aujourd’hui nous fera basculer vers plus d’humanité, si l’éveil que certains ressentent sera durable, si ce marquage que nous vivons sera désormais incontournable ou bien si les choses, grosso modo, redeviendront ce qu’elles étaient… pour le pire.

Il y a toujours ceux qui, malheureusement, sont encore plus durement touchés par la situation :

– Les SDF dont on a peu parlés, mais que les policiers ont trouvé le moyen de verbaliser, ce qui, après les réactions indignés de pas mal de personnes, a été l’objet d’un rétropédalage ; maintenant, il paraîtrait que des chambres d’hôtel seront mises à leur disposition…

– Par contre, pour les migrants, rien n’est fait. Notre État aime cultiver l’abandon, cette plaie invisible qui atteint des millions d’individus, se perpétue de génération en génération, et qui n’est toujours pas prise en compte. Qu’est-ce que l’état émotionnel et psychologique face à la grosse machine étatique ?

– Quant aux animaux… il est encore moins question de prendre en compte leurs sentiments et leur situation : la SPA doit faire face à une situation terrible.

– Les personnels soignants, qui, toujours aussi mal payés et considérés pour la plupart, font un don extraordinaire de leur vie en ce moment, ce qui se traduit par des contaminations, des morts (des médecins très impliqués dans la gestion de cette crise notamment), avec en arrière-plan la crainte justifiée devant le démantèlement de notre système de santé ourdi depuis des années…

– Et toujours les personnes seules, souvent des personnes âgées, ceux qui ont peu de liens sociaux, etc…

– Enfin, l’incompétence de ceux qui nous gouvernent alors que les moyens (la chloroquine) semblent être des pistes des plus intéressantes pour juguler l’épidémie (voir par exemple ICI, et ICI).

Devant l’ampleur de la crise, à J+6 du confinement, il y a trois sortes de réponse d’après ce que je vois :

  • L’angoisse et/ou la colère : sentiments insurmontables pour certains, passager pour d’autres.
  • Le rebondissement vers des attitudes de vie plus saines.
  • L’oscillation entre les deux.

Il est bien évident que les personnes angoissées doivent être soutenues et encouragées autant que l’on peut. Mais malheureusement cet état est plus bien ancien que notre période de J+6 de confinement, et nécessite une solide démarche intérieure et une aide. Or, nous ne sommes toujours pas éduqués à prendre soin de notre intérieur… Il est toujours mieux vu aujourd’hui de savoir lire, écrire et compter, même si l’on est le dernier des crétins, plutôt que d’être une personne intérieurement riche, bonne et ouverte sur le monde, dont le coeur et l’esprit sont reliés…

La colère, révélatrice elle aussi d’une souffrance plus profonde, laisse émerger des situations vécues comme des injustices, à juste titre. Tel journaliste laisse échapper sa colère de voir les élites ne pas écrire pour soutenir les plus humbles, ceux qui, en ce moment, souffrent. Et ça, moi ça me touche même si je n’aime pas forcément le lexique du mépris qui sous-tend ce genre de dénonciation (bien que je le comprenne) ; c’est une des choses parmi tant d’autres que je trouve insupportable dans le capitalisme : le détournement par les élites d’un pouvoir qui ne leur appartient pas. J’ai eu la chance d’avoir en cours de sciences politiques un monsieur et professeur formidable qui a nourri pendant des années mes idéaux, mais aussi mes sentiments, d’enfant d’ouvrier et de petite-fille de paysans sans le sous devenus ouvriers.

Plus on a une bonne position, plus on doit être au service des humbles, et avec gratitude en plus !

Dans le coeur de chacun réside une cité politique idéale, même lorsqu’elle est pervertie par la souffrance et l’ironie. C’est une autre dimension dont nous pouvons prendre conscience à J+8 du confinement.

Parmi ces injustices et pour ce qui nous concerne plus particulièrement, il y a tout ce qui est fait autour de la mal nommée « école à la maison ». L’expression en elle-même ne peut qu’induire une incompréhension puisqu’elle porte en elle les germes de sa contradiction*. La scolarisation et la l’instruction à domicile sont deux mondes, deux états d’esprit, différents. Là où la première mène la plupart du temps au rétrécissement et au confinement de l’esprit, la seconde ouvre à l’infini de l’être.

Il y a en ce moment un BATTAGE GIGANTESQUE autour de tout ce qui est mis à disposition des parents pour que l’instruction de leur enfant se poursuive. Des milliers de ressources sont mises gratuitement à disposition des parents. Des profs (bien intentionnés) se demandent même comment l’on peut pleinement faire « l’école à la maison » lorsqu’on est parent. Honnêtement, ça fait un choc quand vous êtes vous-même un parent instructeur depuis plus de dix ans ! Alors, nous parents instructeurs, en ce moment, à J+8 du confinement, nous hallucinons ! Parce que ça fait des années que nous nous débrouillons (pour rester polie) seuls face à une administration de l’Éducation Nationale au mieux polie (elle aussi !) mais toujours aussi formatée, et au pire tyrannique et totalitaire, se comportant en la personne de leur représentant comme des despotes jouissant de leur petit pouvoir pathétique… il faut voir comment se passent certaines inspections quand même, hein !

Alors, nous, parents instructeurs, cela fait des années :

  • que nous sommes H24 au quotidien avec nos gosses,
  • que, pour beaucoup, nous rattrapons LES ÉNORMES ERREURS commises lors de la scolarisation de nos enfants et récupérons ainsi des enfants exsangues qui retrouvent goût à la vie
  • que nous devenons des spécialistes de l’enfant à besoin particulier : HP, DYS ou AUTISTE, ou enfant ayant une pathologie ; et bouclons avec courage et amour des semaines remplies de rendez-vous médicaux et autres pour ces enfants
  • que nous développons des programmes alternatifs qui fonctionnent : il n’y a qu’à regarder l’épanouissement de la grande majorité des enfants instruits en famille…
  • qu’en règle générale, nos enfants savent mieux écrire, lire et compter que les enfants instruits à l’école (nos enfants n’ont même pas peur d’un petit subjonctif, et encore moins d’un passé simple…) sans parler du reste…
  • que nos enfants ont toujours soif d’apprendre et se passionnent pour certains domaines. Je connais un jeune homme pour qui les trous noirs n’ont plus aucun secret (clin d’oeil !) et il est « seulement » un exemple parmi tellement d’autres !
  • que nous vivons dans la diversité et la respectons car autant de familles, autant de types d’instructions différentes !
  • que, sans nous improviser pédagogue ou enseignant, des titres que nous ne revendiquons même pas, nous avons cerné les besoins de nos enfants et leur apportons ce dont ils ont besoin (ce qui, bien souvent, ne se trouve pas dans les manuels des grands éditeurs scolaires…)
  • que nous jonglons avec des budgets riquiqui qui, en contre partie, nous font devenir extrêmement créatifs, donc bien plus à même d’apporter aux enfants ce dont ils ont besoin aujourd’hui dans ce monde en totale rupture
  • que nous passons des heures à préparer chaque jour, durant chaque vacance, les futurs apprentissages de nos enfants, et ce, chaque année, car nous, nos cours, sont changés tous les ans
  • que nous investissons à titre personnel tout l’argent que nous recevons pour un cadeau d’anniversaire par exemple dans les livres qui vont nous permettre, en tant que parent, d’approfondir encore plus une base pédagogique pour accompagner encore mieux nos enfants et partager avec les autres parents. C’est mon cas et je ne suis pas un cas unique…

Et vous savez quoi ? En plus nous sommes RECONNAISSANTS envers nos enfants de tout ce qu’ils nous apportent, de tout ce qu’ils nous permettent de développer dans notre vie !

Alors, mesdames et messieurs les journalistes, enseignants et décideurs de tous horizons, intéressez-vous un peu plus à ce qui se passe réellement dans une instruction en famille (et non l’école à la maison… ) Nous avons beaucoup à apporter, de manière complémentaire. Le but n’est pas la compétition, mais l’égalité de tous. Nous avons le droit nous aussi d’avoir voix au chapitre et d’être beaucoup mieux considérés que nous ne le sommes jusqu’à maintenant dans une société française qui peine, mais peine, à faire de la place à toutes les manières d’être au monde.

*Quelques mots sur l’expression « école à la maison » : l’école à la maison n’existe pas par définition, puisque aucun parent n’ouvre une école pour instruire chez soi un/des enfant(s). Par ailleurs, en terme d’esprit, l’expression est également erronée : aucun de nous n’a envie ni la prétention de « faire comme à l’école ». Nous souhaitons justement quelque chose de différent pour nos enfants, alors nous ne reproduisons pas ce qui se passe à l’école. Aucun de nous n’a les moyens financiers, institutionnels et locatifs d’une école. Aucun de nous n’est contrôlé comme à l’école : nos contrôles portent sur notre accompagnement en tant que parent et sur ce qui est manifesté par nos enfants. Là où la loi nous dit que nous n’avons pas d’obligation de résultat, dans les faits, il y a souvent une attente différente de la part des inspecteurs : ils nous contrôlent bel et bien sur les résultats des tests que nos enfants passent le plus souvent et jugent d’un résultat « satisfaisant ou insatisfaisant ». On en arrive alors à des situations absurdes où quelques fautes sont reprochées à un enfant instruit en famille et montrées méchamment du doigt parce qu’il n’y a rien d’autres à relever, alors qu’un enfant du même âge, scolarisé, a un niveau de fautes encore plus élevé. Simplement parce que la manière de vivre et de faire est différente. Qui plus est, le pouvoir de sanction détenue par l’administration est DÉMESURÉ ; nous sommes donc dans un rapport déséquilibré dès le début, qui génère énormément d’angoisse, même quand on n’a rien à se reprocher. En dix ans d’instruction en famille, je n’ai vu qu’une seule famille qui était borderline. Leurs enfants ont été rescolarisés d’office et c’était une très bonne chose. Une seule famille en dix années, c’est quand même fort peu au regard de toutes les familles dysfonctionnelles qui envoient chaque jour à l’école des enfants qui, pour beaucoup, resteront abîmés parce que ça n’est pas l’école d’aujourd’hui qui les remontera.

 

J+8 du confinement

Sans transition, et pour revenir à notre situation de J+6 du confinement, parmi les actions positives que vous pouvez faire, il y a celle de renforcer les gestes barrières en vous cousant un masque. Avant tout, lisez ces deux articles :

Le dénigrement du masque suscite la consternation en Asie

Le point de vue d’une ingénieure textile sur les masques en tissus

Pour ma part, mon opinion est faite : les masques en tissus renforcent les gestes barrière. Je ne suis pas particulièrement inquiète par l’épidémie du Coronavirus pour ce qui concerne notre famille, car, comme je vous le disais lors de mon dernier article, traverser les épreuves nous a énormément appris à rebondir ; nous sommes intérieurement riches de cette expérience, et nous nous en sortirons. Mais ayant opté pour la Vie, je choisis de me protéger et de protéger ma famille. Alors, j’ai cousu des masques et lorsque nous devons sortir, nous les mettons ainsi que des gants.

Le patron que j’ai pris est celui diffusé par le CHU de Grenoble. Je vous le mets ci-dessous :

(pour agrandir les images, faites un clic droit dessus, choisissez « Afficher l’image »)

Si, comme moi, la couture n’est pas votre fort, voici des tutoriels en vidéo pour vous aider :

Pour cette dernière vidéo, il y a aussi des explications écrites sur l’article de l’autrice de la vidéo.

A J+8 du confinement, je vous souhaite beaucoup de bonheur en famille et à répandre autour de vous !

(Crédits photos : Klimkin, Langll sur Pixabay)

 

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