Gardons l’espoir

La nature est notre maître et peut nous donner un espoir profond : avez-vous déjà remarqué à quel point la nuit n’est jamais aussi noire qu’avant l’aube ? Et pourtant l’aube se lèvera, immanquablement.

Cela fait maintenant deux jours que le joli monde créatif et riche de sens de l’IEF a été bouleversé par les dernières annonces du président français.

Je fais partie de ceux qui, au début, n’y ont pas cru. C’était tellement gros, surtout pour l’ancienne juriste en droit public que je fus dans une autre vie… Le président est garant de la Constitution de par l’article 5, alinéa 1, de notre Constitution de 1958 : « Le président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État. » Il ne peut donc pas toucher à la liberté d’instruction que le Conseil Constitutionnel, par une célèbre décision du 23 novembre 1977, a intégré aux principes fondamentaux reconnus par les lois de la République, ce qui a pour conséquence qu’elle fait partie de ce que l’on appelle « le bloc de constitutionnalité ». Quelle sorte de président se croit au-dessus des lois, et en particulier au-dessus de la loi suprême qu’est la Constitution ? Seuls les dictateurs ont ce funeste privilège… Le président de la République, en France, n’est pas au-dessus des lois, car la France est encore un État de droit, c’est-à-dire un État qui se soumet à une loi juste, car votée par le peuple, et garante des valeurs de notre république inscrites dans le bloc de constitutionnalité.

Alors, bien sûr, il peut toujours changer la constitution, même si cela ne se fait pas d’un claquement de doigt. Il en est capable ; capable d’aller jusqu’au bout de la destruction des valeurs qui ont bâti l’institution dont il se sert pourtant. Chacun le sait en son coeur et beaucoup tremblent et pleurent face à ce qui peut encore nous arriver après bien des déboires cette année ; car nous n’avons que peu de moyens de contrôle sur cette action. Oui, il peut décider de modifier un principe qui avait été reconnu constitutionnel et de le vider de sa substance. Le pouvoir constitutionnel est souverain, et même le Conseil Constitutionnel le reconnaît. Et ça, ça leur plaît à nos dirigeants : ils aiment qu’on se sente impuissants, RIEN.

Et c’est ce qui me touche le plus : ne vous sentez surtout pas impuissant. Ne vous sentez surtout pas comme un être de rien qu’on peut balayer comme ça. Vous faites des choses merveilleuses avec vos enfants. Ça de la valeur, beaucoup de valeur. Beaucoup plus que les lois liberticides d’un pouvoir dégénéré ; beaucoup plus que le coût de la vaisselle de l’Élysée ; beaucoup plus que les 3,7 millions d’euros de dépense de l’Élysée en 2020, beaucoup plus que les frais de coiffure et de maquillage d‘un président qui joue les cocottes…

Et on pourrait longuement continuer ; la liste n’est pas si importante. Elle l’est moins que comment vous vous sentez, vous, cette personne ordinaire qui relève ses manches tous les jours pour accompagner au mieux son/ses enfant(s), qui leur offrez autre chose que l’élevage en batterie, vous qui rêvez du mieux pour votre enfant, afin qu’il puisse vraiment faire jaillir tout son potentiel de vie, tout son potentiel d’humain heureux, VIVANT, qui contribuera au bien de tous.

Ayez confiance en vous ! Vous avez déjà montré à quel point vous étiez fort(e)s surtout lorsqu’il s’agit de votre/vos enfant(s).

Vous n’êtes pas seul, de nombreuses personnes sont à vos côtés : des qui ont des enfants scolarisés, des qui n’ont pas d’enfants, des qui ne vivent même pas en France, des qui sont prof et savent que ça va mal dans l’éducation nationale, des qui instruisent leurs gosses comme vous, des qui sont grands-parents et voient à quel point leurs petits-enfants revivent depuis qu’ils sont en IEF.

Exprimez-vous : écrivez à vos députés, au président, rejoignez les associations de défense des familles IEF, mais gardez quand même votre voix pour vous exprimez aussi individuellement, organisez-vous en groupes de parents… ensemble, vous êtes tellement riches d’idées, de créativité ! Croyez-en vous !

Une pétition est en ligne et en ce moment elle a déjà recueilli 64.547 signatures [edit du 7 octobre 2020 : 81 508 signatures]  ! Certains ont dit qu’elle n’était pas assez bien rédigée ; moi je la trouve vraie, simple et efficace.

Edit du 7 octobre 2020 : Voici le lien pour signer la pétition réalisée par les associations de défense des familles IEF unies dans cette démarche

Je voudrais dire aux musulmans de France qui sont dans la tourmente encore une fois – musulmans chez qui j’ai des amis très chers -, qu’une large majorité d’entre nous ne sont pas dupes des tentatives du pouvoir de vous assimiler tous à une infime fraction de votre communauté qui a détourné l’islam pour en faire un discours politique.

Avec cette décision du président, nous en payons tous les frais et cela montre d’autant plus que cet effet de manche n’est qu’un paravent pour masquer une démarche plus profonde : légitimer une prise de pouvoir tyrannique où le peuple est complètement dépossédé de son pouvoir de décision au profit du fric détenu par une infime fraction de la population. Si l’on veut parler de radicalisme, moi je parlerai bien du radicalisme ultralibéral… Et si on veut parler des raisons réelles du terrorisme, celles-ci se trouvent plus dans les abus du néo-libéralisme mortifère qui ravage la planète que dans la beauté, la bonté et le gain humain qu’apporte l’IEF.

Sous prétexte de 50.000 enfants instruits en famille, ce despote qui se veut éclairé prend en otage 66,5 millions de Français afin de réduire ses libertés fondamentales.

Quoi qu’il arrive, soyons tous bien enracinés dans nos valeurs de coeur (ce sont elles qui nous ont menés à l’IEF) ; soyons aussi des pédagogues pour expliquer ce qu’est l’IEF à la petite minorité qui n’y connaît rien et peut dire des bêtises bien plus grosses qu’elle.

Voilà ce qui m’importe : que vous ne perdiez pas foi en vous, que vous soyez conscient de la dignité de vos actions et que vous gardiez un moral d’enfer. Et je m’y emploierai autant que je le peux.

Et puisqu’on est dans la « poésie politique » grâce à notre chère équipe présidentielle, je n’applaudirai pas cette nouvelle décision merdique. Je me contenterais de dresser un seul doigt :

« Va te faire foutre, je ne serai pas ce que tu me dis »…

Crédits photo, dans l’ordre d’apparition : Teadrinker sur Pixabay

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